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« L’extension de la PMA à toutes les femmes gomme l’altérité parentale »


Dans une tribune au « Monde », Jean-François Debat, responsable socialiste, se demande jusqu’où la société est fondée à appeler la technique en renfort pour satisfaire des aspirations individuelles.

Tribune. Peut-on, quand on est de gauche, dire un désaccord franc sur les sujets de bioéthique sans blesser quiconque ni être accusé d’apporter de l’eau au moulin de l’homophobie ou des ultraconservateurs ? Je vais essayer. Je suis frappé par le point commun entre les revendications relatives à la parentalité et celles réclamant d’aller, avec le suicide assisté, au-delà de la loi Claeys-Leonetti de 2005 sur la fin de vie. Dans les deux cas, s’affirme la volonté de permettre à chacun de maîtriser totalement le cours des événements de sa vie, selon son désir individuel, y compris en pesant sur des aspects fondamentaux liés à la nature humaine : la manière de donner la vie et l’heure de notre mort.

La procréation est par nature liée à la différence sexuelle puisque nous sommes tous issus de gènes masculins et féminins. Je fais partie de ceux qui s’interrogent sur la manière dont le projet de deux personnes, et même maintenant d’une seule personne, de devenir parent(s) devient progressivement, à lui seul, la justification de l’accès à la procréation. Le désir –compréhensible – de deux personnes de devenir parents, alors même qu’ils ne peuvent pas physiologiquement le devenir, justifie ainsi une forme de « droit créance » sur la société pour réaliser leur projet.

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