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Familles monoparentales et PMA • Quand la loi fabrique de la fragilité sociale


Près d’un quart des familles françaises sont des familles monoparentales. 85% d’entre elles sont constituées de mères seules. Les familles monoparentales sont plus pauvres, connaissent un taux de chômage plus élevé, sont moins bien logées que les familles traditionnelles. Leurs enfants connaissent des difficultés scolaires plus profondes que les autres. En un mot, les familles monoparentales concentrent les plus grandes fragilités sociales, économiques et scolaires françaises.

 

Emmanuel Macron s’en est ému et l’exécutif prétend en faire l’une de ses priorités. Pourtant, il met à l’agenda parlementaire l’extension du recours à la PMA pour les femmes en couple et les femmes seules, qui aura pour effet l’accroissement du nombre de familles monoparentales. Où est la cohérence d’un exécutif qui fabrique par la loi de la fragilité sociale qu’il prétend combattre par ailleurs ?

 

« La précarité a le visage des femmes ! » : voici ce qu’on pouvait lire sur une pancarte lors d’une manifestation des « gilets jaunes » à Toulouse en février 2019. Dans une interview récente, Ingrid Levavasseur, ancienne figure du mouvement ayant lancé l’association Racines positives dont l’objectif était de créer « un réseau d’accueil pour familles monoparentales », déclarait : « être une femme célibataire est une galère au quotidien ».

De fait, le nombre de familles monoparentales ne cessent d’augmenter depuis trente ans, entraînant dans un grand nombre de cas une situation de pauvreté et de précarité. Face à cette situation, les gouvernements successifs essaient de corriger par des mesures financières cette fragilité sociale qui ne cesse de croître. Emmanuel Macron n’est pas en reste évoquant lui-même, lors de son intervention télévisée du 10 décembre 2018 au début de la crise des « gilets jaunes » la colère « de la mère de famille célibataire, veuve ou divorcée, qui ne vit même plus, qui n’a pas les moyens de faire garder les enfants et d’améliorer ses fins de mois et n’a plus d’espoir. Je les ai vues, ces femmes de courage pour la première fois disant cette détresse sur tant de ronds-points ! »

Ce faisant on pourrait croire, ou espérer, que le sort de ces familles soit au premier rang des préoccupation de l’exécutif. En plus du plan social annoncé dans la foulée du « Grand débat », il a pris plusieurs mesures spécifiques, comme l’augmentation de 30% des aides à la garde d’enfant pour les familles monoparentales ou l’accroissement de la protection des personnes seules contre le risque d’impayés des pensions alimentaires. Mais, en même temps, il met à l’agenda parlementaire l’extension du recours à la PMA pour les femmes en couple et les femmes seules… qui aura pour effet l’accroissement mécanique du nombre de familles monoparentales.

A l’heure où la discussion parlementaire s’engage, l’objectif de la présente note est d’offrir un éclairage social au débat éthique déjà largement engagé. Elle le fait en rappelant de manière synthétique la réalité des fragilités et des difficultés des familles monoparentales et en s’interrogeant sur la cohérence de l’exécutif qui prétend leur apporter des réponses tout en autorisant le recours à la PMA pour les femmes seules. « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. », disait Bossuet. Les femmes seules et leurs enfants sans doute un peu moins…

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