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“La Manif pour tous redescend dans la rue” – Lu dans Le Figaro


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Le mouvement annonce une manifestation à Paris le 16 octobre, pour relancer le débat sur la PMA et la GPA.

Cela faisait près de deux ans qu’ils étaient remisés au fond des placards. À la rentrée, sweat-shirts, sifflets et fanions roses et bleus vont à nouveau envahir les rues de Paris: devant la «succession d’offensives du gouvernement contre la famille», la Manif pour tous annonce une grande démonstration de force, le dimanche 16 octobre.

«La remise en cause de la filiation, les atteintes à la liberté éducative et la politique familiale: trois thématiques qui choquent nos sympathisants, trois motifs majeurs de redescendre dans la rue!», lance Ludovine de La Rochère, la présidente du mouvement. «On ne sera peut-être pas un million, mais on sent un gros ras-le-bol dans les régions, renchérit Yvan, coordinateur adjoint du réseau national. Cela fait des mois que les gens nous demandent: “Quand est-ce qu’on monte à Paris?”»

C’est d’abord contre «les nouvelles attaques contre la famille que l’on voit se profiler» que la Manif pour tous défilera. «Au premier rang desquelles la PMA sans père, précise Ludovine de La Rochère. Il y a aussi la GPA qui avance à petits pas, alors que la France vient à nouveau d’être condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour avoir refusé de retranscrire à l’état civil les actes de naissance d’enfants nés de mères porteuses en Inde. Sans parler du changement d’identité sexuelle sur simple déclaration… En matière de politique familiale – congé parental, allocations, quotient familial, prélèvement à la source en vue de l’individualisation de l’impôt -, là aussi les Français veulent dire “Stop, ça suffit!” Il faut non seulement mettre un terme à la casse sociétale, mais aussi poser les bases d’une politique de reconstruction de la famille.»

Les deux dernières manifestations, en 2014, rappelle la Manif pour tous, avaient été «de vraies victoires politiques»: au lendemain de celle du 2 février, le gouvernement avait retiré son projet de loi «Familles», tandis que la mobilisation du 5 octobre avait poussé le premier ministre à condamner fermement, dans le quotidien La Croix, la GPA, «une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains». La France ayant «jusqu’au 21 octobre 2016 pour faire appel de la condamnation de la CEDH», le collectif espère là encore pousser Manuel Valls «à transposer enfin ses paroles en actes en faisant appel».

À l’approche de la primaire de la droite, la Manif pour tous compte bien, aussi, amener les différents candidats à se positionner. Alors que, selon un sondage publié en juin, 68 % des électeurs de la primaire souhaitent une réécriture de la loi Taubira pour réserver l’adoption aux couples hommes-femmes, «on va voir si les candidats comptent accorder une place réelle à la famille dans leurs programmes», souligne Ludovine de La Rochère. Comme lors des précédentes manifestations, «un carré sera mis à disposition des élus et leaders politiques», même «de gauche et d’extrême gauche».

Nouveaux sympathisants
En région, les militants sont «extrêmement mobilisés», insiste Yvan, lui-même basé à Montpellier. «François Hollande reçoit les Inter-LGBT, et nous, il ne nous écoute même pas!, s’indigne le coordinateur adjoint. Le gouvernement coche toutes les cases pour nous faire redescendre dans la rue! On a en ce moment beaucoup de gens qu’on avait perdus de vue et qui reviennent vers nous, et même de nouveaux sympathisants, parfois de gauche, choqués notamment par la GPA».

Un ou plusieurs défilés convergents, ou bien un grand rassemblement, la forme de la manifestation du 16 octobre n’a pas encore été arrêtée. «Nous allons travailler avec les forces de l’ordre et la préfecture, dont nous suivrons bien évidemment les recommandations, affirme Ludovine de La Rochère. Les abords de la manifestation seront extrêmement sécurisés. Les familles ont toute confiance en l’expérience de la Manif pour tous, et nous ne prendrons aucun risque pour leur sécurité». En attendant, les militants se retrouveront pour leur université d’été, les 17 et 18 septembre, à Étiolles, dans l’Essonne. Pour préparer cette manifestation, et plus généralement, les échéances politiques de 2017.

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