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La Croix titre : Un Français sur deux s’inquiète des effets de la politique familiale


Selon un sondage Ifop pour « La manif pour tous », que La Croixpublie en exclusivité, les Français, toutes couleurs politiques confondues, estiment que la politique familiale est en péril et se montrent pessimistes sur son évolution future.


On le savait, les Français plébiscitent la famille. Interrogés par l’Ifop pour « La manif pour tous », ils confirment massivement cet attachement : 91 % des personnes interrogées estiment en effet que la famille est le premier lieu de solidarité, notamment entre les générations ; 89 % pensent qu’elle est le meilleur amortisseur social (38 % étant même tout à fait d’accord avec cette idée) ; 88 % (et jusqu’à 99 % pour des catholiques pratiquants) la perçoivent comme un atout pour la paix sociale et le vivre-ensemble.

L’un des apports de l’étude est de montrer que cet attachement est aussi fort chez les électeurs de gauche que chez les électeurs de droite. Les sympathisants du Front de gauche ou ceux du mouvement En marche ! d’Emmanuel Macron se hissent ainsi, au gré des questions, parfois au-dessus des sympathisants LR ou UDI. D’ailleurs, 90 % des personnes interrogées estiment que la famille « n’est ni de droite ni de gauche ».

Une famille encore traditionnelle

Pour autant, la famille dont parlent les uns et les autres est-elle tout à fait la même, quatre ans après l’adoption de la loi Taubira ? « Oui, balaie Jérôme Fourquet à l’Ifop. Pour l’immense majorité des Français, la famille est encore la famille traditionnelle, voire la famille recomposée. »

À la question : « L’État doit-il garantir à chaque enfant orphelin le droit d’être adopté par un père et une mère adoptifs ? » 74 % des électeurs de gauche et 70 % des électeurs de droite répondent ainsi « oui ». « La question n’a pas été posée en termes d’alternative, en opposant famille traditionnelle et famille homoparentale », nuance Jérôme Fourquet.

Le second intérêt de l’étude est de révéler l’inquiétude grandissante des Français face à l’évolution de la politique familiale. Ils estiment massivement, et tous horizons politiques confondus là encore, qu’elle n’est plus un sanctuaire. Certaines mesures récentes, comme la modulation des allocations familles en fonction des revenus ou le double abaissement du quotient familial, ont fait voler en éclat le consensus politique français qui prévalait en faveur d’une politique familiale universelle. Et laissé des traces dans l’opinion.

La crainte d’un détricotage des mesures

Ainsi, 70 % des personnes interrogées estiment que « le seuil de revenu à partir duquel les allocations familiales sont réduites risque d’être abaissé année après année ». Ce chiffre monte à 78 % des Français en âge d’élever des enfants (35 à 49 ans).

« Les Français ont acquis la certitude que l’on a mis le doigt dans un engrenage,analyse Jérôme Fourquet. Les grands repères symboliques de la politique familiale (calcul du quotient, universalité des allocations) ayant explosé, ils s’attendent désormais à un détricotage inéluctable de la politique familiale. »Même ceux qui n’ont pas d’enfants pensent à 72 % que ce sera le cas.

Peut-on craindre une incidence sur la natalité ? Alors que le lien entre la fiscalité et la natalité est difficile à établir scientifiquement, les Français, eux, ont tranché. Une majorité (55 %) est d’accord avec la proposition selon laquelle « la politique familiale de ces dernières années est de nature à conduire les couples à renoncer à une nouvelle naissance ou à la différer ».

Cette proportion monte même à 61 % chez les moins de 35 ans, en âge de devenir parents. Elle est plus élevée parmi les moins diplômés (60 % des titulaires d’un CAP-BEP, 58 % des titulaires d’un baccalauréat).

Un léger tassement observé

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Source :
Emmanuelle Lucas, le 17/01/2017 à 6h01
http://www.la-croix.com/Famille/Un-Francais-deux-sinquiete-effets-politique-familiale-2017-01-17-1200817733