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Paris, le 18 juin 2020

Communiqué de presse

Projet de loi bioéthique : le report de la 2e lecture à l’Assemblée nationale s’impose en raison des conséquences de la crise sanitaire

 

Ce matin, lors d’une conférence de presse à Paris, La Manif Pour Tous a confirmé qu’elle entendait respecter l’interdiction des manifestations en raison du Coronavirus (jauge maximale de 5000 personnes). Toutes les conditions d’un débat public apaisé et démocratique n’étant pas réunies, cela pose un problème majeur et inédit qui doit conduire à reporter l’examen en 2e lecture à l’Assemblée nationale du projet de loi bioéthique prévu dans quelques jours. D’autant que les priorités des Français sont ailleurs : emploi, pouvoir d’achat, système de santé, environnement… Le gouvernement doit revenir à la raison.

La décision surprise du Président de la République et du Premier Ministre d’inscrire le projet de loi bioéthique à l’ordre du jour de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale est incompréhensible. A l’heure où nous faisons face à une crise sanitaire sans précédent, avec des inquiétudes légitimes sur une nouvelle vague à l’image de la situation en Chine, en Amérique Centrale, aux Etats-Unis ou au Moyen-Orient, comment expliquer la précipitation du gouvernement de relancer le projet de loi bioéthique. Est-ce la réponse attendue par les Français à cette crise inédite à laquelle s’ajoute aujourd’hui une crise économique et sociale majeure, nécessitant la mobilisation du gouvernement et de sa majorité pour y apporter en urgence les réponses adaptées. Les autorités évoquent la suppression de 850.000 postes d’ici la fin de l’année, une récession historique et une économie à relancer au plus vite. Déjà, les conséquences sociales s’accumulent.

Annoncé le 16 juin en conférence des présidents de l’Assemblée nationale, l’examen en 2e lecture du projet de loi bioéthique va démarrer dès la fin du mois en commission. Les députés n’ont que quelques jours pour étudier le texte largement remanié par le Sénat et proposer leurs amendements qui seront débattus en commission. C’est un procédé qui n’est pas à la hauteur du texte et qui traduit une précipitation de la majorité. Les députés n’auront pas le temps nécessaire pour travailler ce dossier dont tout le monde s’accorde à reconnaître la complexité et le fait qu’il touche à l’intime. C’est la raison pour laquelle tous les groupes parlementaires ont laissé la liberté de vote aux députés en 1ère lecture. Le problème est que le débat public va être fortement amputé. Les rassemblements de plus de 5000 personnes sont interdits. Comme l’a redit Emmanuel Macron dimanche dernier, « il faudra continuer d’éviter au maximum les rassemblements car nous savons qu’ils sont les principales occasions de propagation du virus : ils resteront donc très encadrés. »

« Si nous organisons de grandes manifestations qui rassemblent des centaines des milliers de personnes, dans le calme et la détermination et sans aucune violence ni dérapage, ce n’est pas pour battre le pavé parisien. Chaque manifestation est l’occasion de contribuer au débat public en faisant émerger des personnalités, des experts, des praticiens qui peuvent ainsi s’exprimer librement et publiquement. L’affluence importante à ces manifestations traduit le niveau de mobilisation des Français. C’est un moyen important pour se faire entendre. Nous en sommes aujourd’hui privés. Et les députés, mais aussi plus largement les Français, sont aussi privés de l’apport de ces rassemblements d’ampleur au débat public. C’est pourquoi, avec les représentants du mouvement associatif unitaire rassemblé sous le label « Marchons Enfants », je demande solennellement le report de l’examen en 2e lecture à l’Assemblée nationale. Son maintien serait un déni de démocratie. Il reste encore quelques jours au Président de la République, au Premier Ministre et à la majorité pour reprendre pied dans la vie réelle et confirmer le report, a minima lorsque les conditions sanitaires permettront le plein exercice de la démocratie sur des sujets de société qui touchent à l’intime » déclare Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous.

Tout est encore possible. En effet, Emmanuel Macron avait annoncé dès le 16 mars que « le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. (…) Nous aurons appris et je saurai aussi avec vous en tirer les conséquences, toutes les conséquences. » Lors de sa dernière allocution du 14 juin, il confirmait que « l’indépendance de la France pour vivre mieux exige aussi notre unité autour de la République. » Hélas, il renonce trop vite à ses engagements en décidant le retour en urgence du projet de loi bioéthique et de ses mesures polémiques et clivantes (procréation médicalement assistée pour les femmes seules et les couples de femmes, auto-conservation ovocytaire, embryons chimériques et transgéniques…). Cette semaine encore, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, affirmait que « toutes les réformes sont suspendues ». Toutes… sauf une, manifestement comme aurait dit un célèbre auteur de bande dessinée.

Mais les Français ne sont pas dupes selon un sondage réalisé du 12 au 15 juin par l’Ifop pour le mouvement associatif unitaire « Marchons Enfants ». Ils sont près des deux tiers (62%) à y voir une manœuvre de diversion ou de tactique électoraliste dans le contexte actuel si difficile. L’évolution de l’encadrement de l’accès à la PMA est une priorité pour 1% des Français. Ils attendent en revanche le Président de la République et sa majorité sur les véritables priorités : l’emploi (42%), le pouvoir d’achat (41%) et la santé (36%). En voulant passer en force sur cette question sensible de la PMA, Emmanuel Macron fait fausse route. 64% de ses électeurs estiment que ce n’est pas une priorité. Et plus de 7 Français sur 10 sont favorables à un retrait du projet de loi ou à sa suspension le temps de répondre aux conséquences de la crise actuelle.


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