Philippe de Roux – Marchons Enfants ! – 6 octobre 2019


Intervention de Philippe de Roux, entrepreneur social, lors de la grande manifestation « Marchons Enfants ! » du 6 octobre 2019, organisée par plus de 20 associations partenaires, contre la PMA sans Père et la GPA.

Discours intégral

Seul le prononcé fait foi

Les dérèglements écologiques qu’ils soient environnementaux, sociaux ou bioéthiques renforcent mécaniquement l’emprise du marché et les rapports de domination. Ils touchent en premier lieu les plus pauvres, les plus vulnérables qui doivent en payer le prix. C’est une loi universelle que je peux observer dans les différents pays où j’ai la chance d’être engagé.

Mesdames et messieurs les ministres et parlementaires, ouvrez les yeux ! Sortez de vos lieux clos, écoutez les gens simples. Entendez ce qu’ils vous ont dit, en particulier lors des états généraux de la bioéthique.

Et surtout redescendez dans vos corps !

Madame la Ministre de la santé, vous êtes médecin. Comment pouvez-vous laisser croire que donner son sperme serait au fond du même ordre que donner son sang ? Ne savez-vous pas que ce n’est pas tout à fait le même protocole ? Qu’en ces temps de culture de la traçabilité cela engage un peu plus ? Il ne suffit pas de décréter que le donneur de gamètes n’est pas le père… Pour preuve, parmi les membres du gouvernement et parlementaires favorables à la loi et en âge de donner, où sont les volontaires exemplaires ? Où sont les fiers combattants des ténèbres et de la réaction quand il s’agit d’apporter des réponses pratiques ? De payer les frais de ces techniques non thérapeutiques ? Le jeune Président de la République lui-même a-t-il pris rendez-vous au CECOS près de chez lui pour procéder aux 5 recueils réglementaires et remédier par son exemple à la pénurie de gamètes qui vient ? Se pourrait-il qu’il soit réfractaire lui aussi, alors qu’il s’apprête à briser le socle français de la non marchandisation du corps humain et de ses produits ? La loi, ce n’est pas pour les autres. L’écologie non plus.

L’écologie est une école de la patience, de la mesure et du lien. Pour être cohérente et efficace, elle doit viser le consensus équilibré sur le juste niveau d’utilisation de la technique dans les champs de l’environnement, des rapports sociaux et de la biologie humaine. Et ce afin de permettre la préservation de la beauté, la capacité de régénération de la nature et la dignité de tous. Il n’y a rien de tout cela dans ce projet de loi.

Alors que le vieux monde craque de toute part, que des personnes de tous horizons se reconnaissent et se rassemblent pour les combats écologiques qui ont commencé, sur tous les fronts car tout est lié, il va bien falloir les entendre…