Franck Meyer – Marchons Enfants ! – 6 octobre 2019


Intervention de Franck Meyer, porte-parole de Maires pour l’Enfance, lors de la grande manifestation « Marchons Enfants ! » du 6 octobre 2019, organisée par plus de 20 associations partenaires, contre la PMA sans Père et la GPA.

Discours intégral

Seul le prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs, Chers amis du collectif « Marchons Enfants »,

Nous venons de marquer de façon historique le 30ème anniversaire de la déclaration des droits de l’enfant. Je voudrais vraiment vous remercier au nom de toutes les associations organisatrices. Vous êtes venus de toute la France pour porter un projet d’avenir et d’espérance qui n’est fondé ni sur une vision marchande ni sur une vision dérégulée de l’humanité. Cette marche, comme celle « pour le climat », il y a quelques temps, est une marche pour un monde meilleur et non pour le « meilleur des mondes », tel que nous l’a décrit l’écrivain Aldous Huxley comme cela a été rappelé dans toutes les interventions que nous avons écoutées aujourd’hui. Cet écrivain américain qui nous mettait en garde dès 1946 contre l’inéluctable volonté du pouvoir de contrôler l’homme (tout l’homme) et son environnement (tout son environnement), s’est exprimé ainsi : « techniquement et idéologiquement nous sommes encore fort loin des bébés en flacon (…) mais qui sait ce qui ne pourra pas se produire ». Pour cet auteur, « seul un mouvement populaire à grande échelle en vue de la décentralisation et de l’aide individuelle peut arrêter la tendance actuelle à l’étatisme » et d’ajouter : « il n’y a présentement aucun indice permettant de penser qu’un semblable mouvement aura lieu ». Cet indice, pour moi est là devant nos yeux ! Nous sommes l’indice ! Un « mouvement populaire à grande échelle » qui doit continuer de s’agrandir à mesure que les français et les êtres humains de cette terre comprendront que si notre raison ne pose pas de limites alors ce sera l’effroyable aveu de la limite de notre raison.

Quel monde voulons-nous pour demain ?

Notre vision de l’avenir est respectueuse de l’intérêt supérieur de l’enfant.

« L’enfant, dans la mesure du possible a droit de connaître son père et sa mère et d’être élevé par eux ». Alors pour nous la PMA sans père, c’est NON.

L’invention d’une « déclaration anticipée de volonté » permettant aux couples de femmes de se déclarer « mères à deux », ou aux femmes seules de ce déclarer « mère célibataire » d’entrée de vie, tout cela ouvre la porte à un effondrement de la responsabilité liée au fait de donner naissance. Si demain les parents ne le sont que de par leur seule volonté pourra-t-on aussi décider de ne plus être parents ? Tous les enfants de ce pays seront exposés à une fragilité jusque-là inconnue.

Notre vision de l’avenir fait place à chacun, mais elle ne fait pas de la volonté de chacun une loi pour tous. Car notre vision de la liberté est celle dont Paul Eluard écrivait le nom sur ses « cahiers d’écoliers », celle qui « consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui », comme le déclare l’article 4 de Déclaration des Droit de l’Homme et du Citoyen 1789. Notre liberté ne cherche à nuire ni aux enfants, ni aux femmes, ni aux hommes de notre pays. Elle ne cherche pas à amputer les adultes de demain de la moitié de leur généalogie. La liberté dont nous nous réclamons ce n’est ni la toute-puissance du désir ni le désir de la toute-puissance !

Notre vision de l’avenir préserve l’égalité républicaine car elle permet à chaque enfant de notre pays de savoir qui il est et d’où il vient.

Notre vision de l’avenir est généreuse parce qu’elle se fonde sur l’amour et la solidarité. Elle ne fait pas de la procréation un vaste marché dérégulé. Nos ministres déclarent en cœur que la gratuité du don de gamètes sera la garante d’un acte de générosité. Quel cadeau en effet ! Le cadeau va aux cliniques et aux sociétés qui en vivent et qui en font leur commerce. La gratuité n’est pas pour ceux dont on exploite la souffrance et l’infertilité. Sinon pourquoi faudrait-il que la sécurité sociale vienne rembourser de « généreuses PMA ».

Aux ténèbres du matérialisme qui transforme une personne en objet, à l’obscurité de l’hédonisme qui nous demande de ne penser qu’à notre « bon plaisir » et du consumérisme qui prétend que tout s’achète et tout se vend, y compris le ventre des femmes, y compris les gamètes des hommes, y compris les embryons des humains, … à ces ténèbres nous voulons opposer et construire une vision sociale bien plus lumineuse. C’est la raison de notre présence si nombreuse. L’humain n’est ni à prendre ni à vendre !

Le 24 juin 1940, sur les ondes de la BBC, le général de Gaulle déclarait ceci : « Il faut qu’il y ait une espérance, il faut que quelque part brûle et brille la flamme de la résistance française ». Cette flamme doit briller parmi nous. Nous devons faire preuve de lucidité et de courage, sans haine, pour ne pas suivre le chemin dans lequel le gouvernement veut nous entrainer. Nous allons devoir résister, à la fois comme citoyens et comme personnes. Voici comment :

  • Regroupez-vous par instances professionnelles et examinez en détail le projet de loi, mettez-en en lumière toutes les fragilités, tous les risques et les inanités. A l’arrogance opposons l’intelligence.
  • Que chacun en retournant dans sa région prenne rendez-vous avec son député, et pour les conseillers municipaux avec leurs sénateurs. Montrez-leur où se trouvent les dangers dont nous avons parlés.
  • Allez au-devant de tous les candidats en campagne, pour les élections municipales et proposez-leur la déclaration des « maires pour l’enfance », disponible sur internet.
  • Enfin, les associations qui constituent « Marchons Enfants », se coordonnent tenez-vous informés par elles.

Notre marche sera peut-être longue, mais elle est juste !

Et puisque j’ai commencé mon discours en la nommant, c’est à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant que je laisserai le soin de conclure mon propos :
« Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale. »

Marchons enfants !