Bertrand et Gäelle Lionel-Marie – Marchons Enfants ! – 6 octobre 2019


Intervention de Bertrand (secrétaire général des Associations Familiales Catholiques) et Gäelle Lionel-Marie lors de la grande manifestation « Marchons Enfants ! » du 6 octobre 2019, organisée par plus de 20 associations partenaires, contre la PMA sans Père et la GPA.

Discours intégral

Seul le prononcé fait foi

Chers amis,

Merci d’être là.

Nous sommes là parce que nous ne cédons pas aux modes et aux passades, « comme la paille balayée par le vent » (Ps. 1, v. 4). Nous sommes là pour « dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste » comme l’écrivait Charles Péguy.

Quelle est-elle cette vérité ?

C’est que notre société, adolescente, est incapable de poser des limites aux volontés individuelles, quelles qu’en soient les conséquences sur l’ensemble du corps social. (« Dire que je veux et lechoix et ce que le choix m’interdit, ça devient une forme d’adolescence d’une société » disait Aïm Korsia, Grand Rabbin de France devant l’Assemblée nationale le 29 août 2019)

C’est qu’un enfant, n’en déplaise au Rapporteur Touraine, a bien le droit d’avoir un père !

C’est que si l’intérêt de l’enfant est une ‘considération primordiale’, il n’est pas possible de consacrer – dans le même temps – le droit de tout adulte à accéder à une semence labellisée et à une assistance à la procréation, c’est-à-dire au droit à avoir un enfant !

C’est que la ‘PMA’ sans père n’a rien à faire dans une loi relative à la bioéthique, parce qu’aucun progrès médical n’est en cause – la première insémination artificielle datant de 1790 (Hunter) – !

C’est que ce n’est pas en créant, par la loi, des familles monoparentales, comme autant d’îlots balayés par le vent et par les vagues, que nous retrouverons le fil d’un projet national.

C’est qu’après avoir réduit le père à un fournisseur de ressource biologique, c’est- à-dire à sa semence, nous réduirons la mère à son utérus. (Edouard Philippe écrivait, d’ailleurs, en février 2013 : Nous nous opposerons résolument à la PMA pour les couples homosexuels féminins, et à la GPA qui, au nom de l’égalité, ne manquera pas d’être réclamée par la suite. Souvent homme varie, bien fol est qui s’y fie !).

C’est que la suppression, par cette loi injuste, du cadre pathologique de l’AMP nous conduira, cahin-caha, au bébé parfait pour tous…et à l’eugénisme libéral.

C’est que le relativisme des « valeurs » et des « lignes rouges » (même à la présidence du CCNE !) fait de nous un bateau ivre, sans boussole ni port d’attache.

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Mais si nous avons à témoigner de la vérité, nous avons, aussi, à rendre compte de l’Espérance qui habite en nous : Une autre société et autre projet de loi sont possibles.

Une société dans laquelle la lutte contre l’infertilité serait une grande cause de santé publique.

Une société dans laquelle l’indisponibilité et la non-patrimonialité du corps humain seraient gravées dans le marbre de la Constitution.

Une société dans laquelle on prendrait soin, avec précaution, du scarabée pique- prune mais dans laquelle les enfants ne compteraient pas pour des prunes !

Une société qui au lieu d’adapter le corps des femmes au monde du travail (avec cette autoconservation ovocytaire qui est de la poudre aux yeux !) adapterait le monde du travail au corps des femmes.

Une société qui limiterait l’absolutisme des techniques sur notre environnement mais, aussi, sur notre nature humaine, pour le bien des générations futures…

(Une société dans laquelle on continuerait à célébrer la Gloire de son père, tellement plus que celle du tiers donneur !)

Une société dans laquelle l’être humain quel que soit le stade de son développement serait toujours considéré comme une fin et jamais comme un moyen pour des chercheurs et pour des marchés…

Une société dans laquelle l’homme (et la femme) feraient du consentement aux limites de leur corps et de l’acceptation de leurs manques, un chemin de fraternité et de fécondité.

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Dira-t-on demain de nous, de la France : c’est un triste pays, celui dont le Président n’aime pas les enfants !