Chronique – Les faits sont têtus, mais ce sont les faits : les partisans de la PMA sans père sont une ultra-minorité

Les états généraux de la bioéthique se sont achevés il y a huit jours. Et les premiers résultats sont là : l’écrasante majorité des Français qui s’y sont exprimés sont opposés à la PMA sans père et à la GPA. Ce qui fait hurler ses partisans. Mais est-ce une surprise ? Non, naturellement. Et il ne fallait pas être grand clerc pour prévoir l’opinion et les votes des participants aux débats publics et sur le site Internet participatif ; il suffisait pour cela de regarder froidement la scène sociale.

Sur la forme, il y a le nombre. En effet, la PMA sans père et la GPA sont revendiqués par un petit nombre d’associations, comptant quelques dizaines de membres, souvent, quelques centaines, parfois. C’est peu ; c’est même très peu. Il était donc normal que l’on entende peu leur voix dans les débats publics, ou que leurs contributions soient très minoritaires sur le site des états généraux. C’est mathématique. A titre d’analogie, la presse et la télévision ont plus parlé de ski que de curling à l’occasion des derniers jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang en Corée du Sud parce qu’il y a plus de skieurs dans le monde que de curlistes. On peut le regretter, mais c’est ainsi. Et les curlistes pourront crier à la discrimination, les médias continueront de vouloir offrir toujours plus de ski, et un peu de curling, parce que le public préfère le ski, qu’il pratique pour une large part.

Une autre raison qui explique cette forte opposition est la sensibilité des Français à ce sujet. Elle n’est pas nouvelle, elle est même ancienne – pensons au débat à propos du PACS – et récente – souvenons-nous du mariage entre personnes de même sexe. C’était il y a cinq ans seulement. Aussi, les millions de Français qui ont manifesté contre la loi Taubira, le faisaient, non pas contre l’union de personnes de même sexe, mais bien contre les conséquences de la future loi qui sont le sujet des états généraux : la PMA sans père et la GPA. Car la finalité du mariage, c’est de fonder une famille. Et s’il y a des exceptions (mariages tardifs par exemple), elles ne font que confirmer la règle. Et depuis cinq ans les Français n’ont pas cessé de réfléchir et d’agir, sachant le risque d’ouverture de la PMA et de la GPA dans la suite de la loi Taubira, lesquelles, notamment, conduiraient à priver sciemment des enfants de père ou de mère. Dès lors, il était normal qu’ils prennent la parole à l’occasion des états généraux. Et leurs paroles sont fondées, argumentées. Il n’y a pas pire aveugle celui qui ne veut pas voir.

Une autre donnée, publique, répétée, permet d’expliquer ce résultat : dans tous les sondages demandant aux Français quels sont les sujets qui les préoccupent et les réformes qu’ils attendent, jamais la PMA sans père et la GPA n’apparaissent. Ou elles arrivent en bon dernier parce qu’elles font partie des propositions faites par l’institution de sondage.

Sur le fond, il y a l’exception bioéthique française et, surtout, l’attachement des Français à la justice. Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), organisateur des états généraux, posait aux Français la question suivante : dans quel monde voulons-nous vivre ? Et les Français ont répondu massivement en faveur de la raison et de l’humanité. La raison, c’est le principe de précaution ; l’humanité, c’est de dire qu’un enfant, né d’un père et d’une mère, a le droit, dans la mesure du possible, de les connaître et d’être élevé par eux. Autrement dit, les priver délibérément de ce droit serait une injustice immense et ce constat n’est ni de droite, ni de gauche : il est, tout simplement.

Aujourd’hui les associations partisanes de la PMA sans père et de la GPA, et leurs soutiens,  feignent de redécouvrir l’opposition des Français à ces réformes sociétales. Pourtant, nous l’avions dit et répété, comme en 2012/2013 lors des débats à propos de la loi Taubira : la PMA pour toutes les femmes et la GPA sont une revendication d’une ultra-minorité qui ne représentent pas la volonté des Français. Il appartient désormais aux politiques respectueux de la démocratie d’entendre ces derniers.

 

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