Chronique – Les difficultés de Guillaume Chiche avec la liberté de conscience

Finalement, il n’a pas déposé la semaine dernière sa proposition de loi pour ouvrir la PMA aux femmes sans partenaire masculin. Parce que son parti, La République en marche, l’en a empêché. Parce que les députés de son groupe parlementaire sont divisés. Parce qu’un député ne peut pas faire n’importe quoi. Parce que les enjeux sont tels qu’on ne saurait expédier une telle question à la va-vite, évidemment.

Mais le néo-député Chiche n’en démord pas. Il tient son os sur lequel est marqué « égalité ». Alors il ne le lâche plus. Et en découvrant, mercredi dernier, l’hostilité de ses collègues LREM, Guillaume Chiche s’est braqué et – chassez le naturel, il revient au galop –, il a retrouvé ses réflexes d’ancien cadre de mouvements qui n’ont réellement de démocratiques que le nom. C’est le Journal du dimanche qui le raconte : « (Il) constate que certains ne veulent pas voter l’ouverture de la PMA, brandissant leur liberté de vote sur un sujet sociétal ». Qu’en pense Chiche « l’ancien socialiste » ? Il « réfute » cet argument et déclare : « Ce n’est pas une question éthique, ou alors cela signifie qu’on a le droit d’être homophobe ou contre l’égalité ! ».

Chiche n’y va donc pas avec le dos de la cuillère. Ses arguments sont mastoques. Une question d’éthique que demain l’Etat français autorise et rembourse la conception d’enfants sciemment privés de père ? Non ! Une attitude homophobe, anti-égalitariste. Alors stop. Zéro débat, zéro tracas, la PMA et fermez le ban.

Et la liberté de conscience alors ? « Egalité », répond-il, faisant table rase de tout le reste.

A l’instar de Saint-Just, le néo-député Chiche considère qu’il n’y a « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! ». Il ne veut voir qu’une seule tête, pas un cheveu qui dépasse, et surtout pas une question sur les besoins de l’enfant, le rôle de la médecine, la marchandisation de l’humain, la liberté de penser ou toute autre préoccupation, incongrue à ses yeux.

Et curieusement, que la PMA sans père crée une nouvelle inégalité – entre les enfants qui auront un père et ceux qui en seront privés – le laisse indifférent.

De fait, c’est clair, il est en panique : il sait que les états généraux de la bioéthique ont montré une opposition massive au « droit à l’enfant » et que le Président avait souligné qu’il « ne passerait pas en force ».

Vite, faisons taire l’expression populaire et peu importe de falsifier la vérité : inscrivons le plus vite possible à l’état-civil, contre toute vraisemblance, qu’un enfant peut avoir deux mamans.

Au fait, les enfants ont-ils besoin de deux mamans ? « Peu importe » vous dis-je, « et arrêtez de penser ».

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