Chronique – La PMA sans père, quelles conséquences pour tous ? Les évolutions actuelles (3/15)

1/ L’évolution des modes de vie

On entend dire tous les jours qu’il y a maintenant une diversité des « modèles familiaux ». En fait il y a toujours eu diverses formes de famille (monogamie, polygamie, polyandrie, par exemple).

Et s’il est en effet évident que les modes de vie évoluent, ce n’est pas le propos de La Manif Pour Tous.

Le sujet qui préoccupe des centaines de milliers de Français, c’est la prise en compte de la réalité de la filiation et des besoins de l’enfant : il ne peut être conçu que par un homme et une femme, que ce soit in vivo (naturellement) ou in vitro (dans le cadre d’une PMA) et, issu d’eux, il a éminemment besoin de les connaître.

Si les modes de vie ont effet évolué, les besoins les plus fondamentaux de l’enfant demeurent[1] et ne peuvent être sciemment ignorés. C’est une question d’humanité et de fraternité, et même d’Etat de droit, celui-ci visant à protéger le plus faible.

 

2/ Parents et enfants aujourd’hui

Aujourd’hui, 75% des enfants vivent avec leur père et mère[2].

Pour les 25% des enfants qui ne vivent pas avec leur père et mère, 18% vivent avec un seul parent – leur mère dans 88% des cas –, et 7% avec un parent et un beau-parent, c’est-à-dire dans le contexte d’une famille recomposée[3]. Une petite minorité des familles recomposées concerne des couples de même sexe.

Cependant, ces enfants connaissent généralement leur père et leur mère, même si, malheureusement, les liens avec le père se distendent souvent au fil des années. Nombre de pères et d’associations de père attestent du drame que cela représente.

Même si la diversité des situations est évidente – encore qu’une grande majorité des enfants vit avec ses deux parents -, les enfants connaissent généralement leur père et mère. Cette diversité n’a rien à voir avec le fait d’instituer ab initio l’effacement et l’absence du père.

 

3/ Les évolutions techniques de la médecine

Si les techniques médicales progressent de manière exponentielle, il n’y a pas de progrès particulièrement important, en revanche, pour ce qui concerne la procréation.

Les techniques de procréation médicalement assistée qui font actuellement l’objet de débats ne sont pas nouvelles. Des états généraux de la bioéthique et des débats parlementaires ont déjà envisagé ces questions (à qui s’adresse la PMA ?) et posé des limites. Il n’y a pas de raison de revenir dessus dans la mesure où les problèmes posés par la PMA sans père n’ont pas changé.

En outre, le recours à la PMA pour des personnes qui ne souffrent d’aucune pathologie de la fertilité serait un détournement des techniques médicales et de la médecine, qui deviendrait alors une prestation de services.

 

4/ Un enfant, pour lui-même ou pour l’accomplissement de l’adulte ?

Depuis quelques années, arguant du désir d’enfant, certains réclament à la société la mise en œuvre d’un « droit à l’enfant ».

Le désir d’enfant est évidemment infiniment compréhensible et respectable. Mais ce n’est pas pour autant qu’existe un droit à l’enfant. Avoir un enfant est bien sûr merveilleux, mais on peut très bien vivre, et réussir sa vie, sans enfant.

Et pourquoi dirait-on qu’une femme ne peut pas se passer d’un enfant, mais qu’un enfant pourrait se passer d’un père ?

Surtout, c’est pour lui-même qu’on élève un enfant, et non pour soi. Comme l’indique son étymologie, le terme « éducation » vient de « ex ducere », qui signifie « conduire hors de » : élever un enfant, c’est le préparer à l’autonomie, à la responsabilité, à la maturité.

Or dans un contexte où un « droit à l’enfant » serait instauré, il serait implicitement là pour répondre aux besoins de l’adulte, ce qui est absolument contraire au respect de l’enfant.

Celui-ci a besoin, en effet, de ne pas sentir une quelconque dépendance de ses parents vis-à-vis de lui afin de pouvoir se détacher – ce qui est son destin – sans culpabilité.

 

 

[1] Cf la partie 4 du présent document

[2] Insee 2015

[3] Idem

 

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