Chronique – La PMA sans père, conséquences pour l’homme (5/15)

1/ Réduire l’homme au statut de distributeur de sperme

La PMA sans père concerne en tout premier lieu l’enfant qui naît de la PMA.

Elle concerne aussi les hommes. Des slogans de manifestations pro-droit à l’enfant l’expriment carrément : « on veut du sperme, pas d’un mec »[1].

Si la société approuvait la PMA sans père, cela signifierait qu’elle considère que les femmes n’ont pas besoin d’hommes, ni les enfants de pères.

En même temps, les femmes concernées en appelleront à la générosité des hommes pour qu’ils donnent leur semence. Ce qui est évidemment contradictoire.

C’est aussi utiliser autrui comme un moyen et, en l’occurrence, pour un acte – donner son sperme – lourd de portée.

Cela irait à l’encontre du deuxième impératif catégorique défini par Emmanuel Kant : « Agis de façon telle que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans toute autre, toujours en même temps comme fin, et jamais simplement comme moyen. »

Certes, les impératifs kantiens ne sont pas des règles de droit, mais c’est une grille de lecture fondatrice de nos principes de droit.

 

2/ Se passer de pères, se passer d’hommes

Les partisans de la PMA en l’absence de père considèrent que les enfants n’ont pas ou plus besoin de père.

Si l’on se place du point de vue des hommes, c’est en fait une remise en cause profonde de l’idée que les autres, notamment les femmes et les enfants, filles et garçons, auraient besoin d’eux, affectivement, psychiquement, etc.

Certes, certains sont également favorables à la GPA pour les hommes seuls et les couples d’hommes, c’est-à-dire en l’absence de mère pour l’enfant. Malgré tout, ceux-là passent quand même par une femme pour avoir un enfant, la maternité reste incontournable pour le moment. Mais surtout, un grand nombre de militants sont favorables à la PMA sans père et opposés à la GPA. La remise en cause de l’idée qu’on a besoin d’eux concerne donc plutôt les hommes.

Que cela soit conscient ou non, cela explique peut-être l’opposition plus forte des hommes à la PMA sans père[2].

 

[1] Par exemple à Toulouse en janvier 2013

[2] Environ 8 points de plus dans les sondages par rapport aux femmes

 

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