Chronique : « Visuel PMA sans père-GPA : protéger l’être humain du risque de dérives »

Comment éviter de débattre du fond en s’accrochant à la forme ? C’est ce que la secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a tenté de faire samedi dernier à propos d’une affiche de La Manif Pour Tous contre l’élargissement de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules.

En réponse au texte de l’affiche, « Après les légumes OGM, les enfants à un seul parent ? #NoPMAsanspere #NoGPA », Marlène Schiappa a tweeté « Comparer les bébés nés après FIV (fécondation in vitro) ou insémination à des légumes OGM est profondément offensant pour les enfants & leurs familles. Retrait », puis « Les familles monoparentales sont aussi stigmatisées par cette campagne. Nous sommes au XXIe siècle. Il n’y a pas un modèle unique de famille ».

Ce faux procès est indigne de l’enjeu humain immense dont il s’agit. Le visuel concerne explicitement le fait d’envisager la PMA dans un contexte qui priverait sciemment des enfants de père. Rien à voir avec les enfants nés par FIV ou les familles monoparentales dont les enfants ont un père, qu’ils vivent ou non avec lui. Le fond de la question, ce sont les limites à envisager dans l’usage de la technique pour protéger l’être humain de dérives possibles.

Si la secrétaire d’Etat fait mine de ne pas comprendre et blesse elle-même les enfants nés de PMA ou les familles monoparentales en faisant croire que La Manif Pour Tous les stigmatise, les internautes eux ne font pas semblant. Leurs réactions sont éloquentes :

« Mais je concède à Mme Schiappa qu’il y a tout de même une différence non négligeable ; dans un seul des cas le parlement européen à retenu le ‘principe de précaution’. Devinez lequel. »

 « Deux femmes hétérosexuelles qui souhaiteraient avoir un enfant d’un donneur, préférant une 2nde mère à un père, se verraient opposer exactement le même refus de la loi française, qui n’est que le refus d’organiser la conception d’enfants sans père. Même chose pour les femmes hétérosexuelles célibataires, qui voudraient un enfant sans avoir à s’encombrer d’un père. »

« Il n’en demeure pas moins qu’il existe, c’est vrai, des enfants, qui ne sont pas nés de PMA, qui ne connaissent jamais leur père, et qui grandissent sans lui. Et alors..? Ils peuvent certes – et heureusement – très bien réussir leur vie, mais il n’y en a pas moins là objectivement un manque, une souffrance. Ce n’est pas parce que – hélas – ce manque de père existe, que la loi doit envisager de l’institutionnaliser, et ce faisant de le favoriser. »

« Qui sommes-nous, adultes d’aujourd’hui, pour décider, autoriser, institutionnaliser et ainsi encourager la fabrication d’orphelins de père, privés pour la vie de toute figure paternelle ? »

« Si la PMA pour toutes est adoptée en réponse à « la souffrance ressentie du fait d’une infécondité secondaire » (d’origine non pathologique) des femmes, comment, en termes d’égalité des droits hommes-femmes, refuser l’accès des couples homosexuels ou des célibataires masculins à la GPA ? »

« « La procréation n’est pas un droit, mais une fonction biologique. (…) L’exiger pour tous au nom de la “justice sociale” comme le revendique Marlène Schiappa est parfaitement absurde ». Ce n’est pas La Manif Pour Tous ni Sens Commun qui l’écrit mais… G. Biard dans Charlie Hebdo… »

« Parmi ces opposants de gauche à la PMA pour toutes et à la GPA, il y a notamment un certain José Bové… Le faucheur d’OGM. Comme quoi l’affiche de La Manif Pour Tous est bien choisie. »

« Schiappa a raison, ce n’est pas comparable : les manipulations PMA/GPA sont bien plus graves que les OGM, car elles concernent des êtres humains… »

« Madame Schiappa, discutez au lieu d’interdire. Allez expliquer aux Français que, pour un enfant, naître puis ensuite vivre toute une vie sans avoir de père ou bien n’a pas d’importance ou bien, même, serait un avantage. Expliquez le leur. Ah, bien sûr, l’argument est difficile à faire accepter. On comprend que, quand ils font mouche, vous pensiez à interdire de parole vos contradicteurs. Vous avez le pouvoir, c’est plus facile. Mais est-ce digne ? »

« Eh ben Marlène, on veut jouer du ciseau ? »

« Si c’était une couverture de Charlie, elle n’aurait pas protesté ! Beaucoup de bobos sont pour l’écologie mais surtout pas pour l’écologie humaine ! »

Au sujet de cette campagne, remarquons que Marlène Schiappa n’a pas dénoncé les 3 autres affiches et leurs questions : « Elle n’a pas besoin d’homme, ils n’ont pas besoin de père ? #NoPMAsanspere #NoGPA », « Je suis un homme pas un distributeur de sperme. #NoPMAsanspere #NoGPA », « Dis Papa, c’est comment d’avoir une maman ? #NoPMAsanspere #NoGPA ».

Elle reconnaît donc la justesse de ces questions ?