Chronique : « Ce qui rend la famille irremplaçable » (1/2)

La famille est essentielle pour l’enfant, l’adulte et la société. Tout être humain a une famille : à défaut d’avoir lui-même fondé une famille, il a au moins celle dont il est issu. La famille est la cellule de base de la société, de toute société.

Si nous l’examinons de plus près, nous pouvons nous intéresser à plusieurs de ses caractéristiques, qui sont autant de fonctions sociales[1].

  1. La famille, lieu de transmission et d’éducation

La famille est le premier lieu de transmission de la culture sans laquelle il n’y pas « d’humanisation » ni de socialisation possibles : ce sont d’abord les parents qui inculquent la langue, les usages sociaux et les vertus fondamentales. Elle est un passage de relais, un maillon, qui a reçu de la génération d’avant et passe à la génération suivante : amour, langue, usages, traditions, culture, talents, arts, métiers, mythes, souvenirs…

Heureusement, cette transmission n’est pas identique de génération en génération, car nous ne serions alors que des clones : par le jeu des unions, aussi bien sur le plan génétique que culturel ou encore patrimonial, tout ce qui est transmis ne cesse d’évoluer par l’apport du nouveau couple formé et dont chaque enfant est unique.

La vertu d’adhésion, si essentielle à la vie en entreprise, y trouve sa pierre de touche avec la dépendance organique et le caractère naturel du rapport hiérarchique enfants-parents.

La finalité de l’éducation est de faire de l’enfant un adulte autonome, responsable, capable de vivre en société, ayant donc la connaissance et la pratique de ses règles, à même d’assurer les moyens de sa subsistance, de fonder à son tour, s’il le souhaite, une famille et d’élever ses enfants. Autrement dit, l’enfant est destiné à quitter sa famille dès qu’il est prêt : c’est la finalité de « l’éducation » dont l’origine latine, « e-ducere », signifie « mener, conduire hors de ».

  1. La famille, lieu de dignité

La famille accueille l’enfant, tel qu’il est, entièrement dépendant, en palliant à tous ses manques. S’il est malade, accidenté, handicapé ou en difficulté d’une manière ou d’une autre, la famille fait le nécessaire. Elle est essentielle, irremplaçable pour lui – quitte à se faire aider bien entendu.

Pour la famille, chacun de ses membres est unique, quel que soit son état, son âge, son éventuelle dépendance. Contrairement à l’entreprise où l’individu est un moyen, dans la famille, il est une fin. La dignité humaine est pleinement assumée en famille.

  1. La famille, lieu de gratuité et de solidarité

La famille en tant que ménage, est une unité économique où l’enfant constate que ses parents gagnent leur vie à son profit par leur travail : la famille est le modèle d’une économie combinant harmonieusement gratuité et logique marchande.

La solidarité familiale est sincère et désintéressée. L’aide financière de l’Etat ne saura jamais aider de la même manière que les parents. Et quand l’enfant est confronté aux épreuves de la vie – difficultés scolaires ou étudiantes, difficultés dans le monde du travail, difficultés personnelles – ou quand, à leur tour, les parents sont atteints par la maladie ou par l’âge, les uns et les autres s’entraident.

Certes, dans nos sociétés, parents et enfants ne vivent plus toute leur vie sous le même toit. Cela n’empêche pas une entraide inouïe entre les générations. Il suffit de penser à tous les grands-parents accueillant pendant les week-ends et les vacances, voire davantage, leurs petits-enfants dont les deux parents travaillent. Sans eux, les vacances scolaires – qui représentent un tiers de l’année et qui ne cessent de s’allonger – seraient-elles envisageables ?

Ainsi, alors même que certains gouvernants n’aiment pas la famille et ne cessent d’agir à son encontre, la société ne pourrait fonctionner sans la famille. Aucune organisation, aucun Etat, ne pourra la remplacer. Pour mémoire, ceux qui ont voulu que l’Etat remplace la famille sont l’Union soviétique, le IIIe Reich, la Chine de Mao et le Cambodge de Pol Pot.

La suite lundi 7 août….

 


(Extrait du livre Familles, je vous aime de Ludovine de La Rochère, publié aux éditions Pierre-Guillaume de Roux)

[1] Sur ce point on pourra consulter avec profit l’étude Famille et Cité de l’association « Fonder Demain », http://fonderdemain.files.wordpress.com/2014/03/rapport-famille-et-citc3a9.pdf