Chronique : « Pornographie, le président de la République remet les pendules à l’heure »

« Je suis content que le président s’empare du sujet, car, jusqu’à présent, personne n’a eu le courage politique de le faire » déclare le Pr Israël Nisand. Mais de quel sujet parle le gynécologue obstétricien ? De la pornographie. Le week end dernier, en effet, Emmanuel Macron a prononcé un discours programmatique à l’occasion du lancement de la « grande cause du quinquennat », l’égalité homme-femme.

Parmi les causes des violences à l’égard des femmes identifiées par le Président, la pornographie. C’est la première fois qu’un chef de l’Etat condamne de manière aussi claire, aussi forte la pornographie et son corollaire, la violence.

« C’est aussi cette réalité (…) qui doit nous conduire à mieux traquer, réguler les contenus inacceptables auxquels nos enfants ont parfois accès et qui construisent ces comportements (…) Nous devons regarder aussi les usages en train de se transformer ; les plus jeunes regardent infiniment moins la télévision que les plus âgés. Et ce comportement va croissant. Et nous ne régulons pas aujourd’hui l’accès aux jeux vidéo, aux contenus sur Internet, aux contenus pornographiques de plus en plus diffusés » a déclaré le chef de l’Etat.

Il précise que la République doit apporter « ce soin élémentaire (…) sur tous les contenus qui peuvent fragiliser, faire basculer ou conduire à la violence, en particulier contre les femmes ». Il annonce qu’ « une opération de sensibilisation des parents sera donc lancée à l’occasion de la prochaine réunion de rentrée afin d’aider les parents à mieux détecter l’exposition de leurs enfants à la pornographie et à mieux repérer les signes de cyber-harcèlement. Les personnels de l’Education nationale, mais aussi les personnels sociaux et de santé, présents dans les établissements, les personnels des services périscolaires doivent se former à décrypter, expliquer, prévenir comme ils se sont formés à le faire sur d’autres phénomènes parce qu’aujourd’hui, la pornographie a franchi la porte des établissements scolaires comme naguère l’alcool ou la drogue. Nous ne pouvons pas d’un côté déplorer les violences faites aux femmes et de l’autre, fermer les yeux sur l’influence que peut exercer sur de jeunes esprits, un genre qui fait de la sexualité un théâtre d’humiliation et de violences faites à des femmes qui passent pour consentantes ».

Emmanuel Macron est clair et net. Il engage la bataille, mobilisant à ses côtés l’ensemble des adultes intervenant auprès des jeunes, à commencer par les parents et la communauté éducative.

La bataille va être longue et difficile. Parce que les pornographes ont réussi, jusqu’à maintenant, à diluer leur responsabilité sociale au prétexte de la liberté de chacun de regarder ou non les images qu’ils fabriquent. Jusqu’à présent, les dénoncer, c’était passer au mieux pour moralisateur, au pire pour liberticide.

Mais internet a bousculé la donne. D’une industrie quasi clandestine, la pornographie est devenue une industrie majeure dont les contenus sont accessibles à tous, en un clic. 100% des jeunes auraient vu des vidéos pornos dès le seuil de l’adolescence. Ce n’est pas une vague, c’est un tsunami.

Dans ce domaine, l’Education nationale n’est malheureusement pas non plus exempte de toute critique comme l’atteste le site internet www.ecoleetsexe.fr. Celui-ci met à disposition des parents d’élèves des directives, supports et outils sur l’éducation sexuelle à l’école. Ces documents attestent malheureusement d’une très grave dérive de l’Education nationale et de ses partenaires officiels, ceux-ci mettant à disposition des contenus portant souvent atteinte à la pudeur, à l’intimité, au respect des enfants et des jeunes.

Ces supports ne disent quasiment rien des relations humaines, de l’amour, de la fragilité des cœurs, de la tendresse, du désir et de l’attente, de la conquête. Si on y trouve quelques mots sur le respect et le consentement, l’essentiel n’est que détails sur les pratiques et positions sexuelles, méthodes de jouissance « seul(e) ou à plusieurs personnes », recommandations purement fonctionnelles et hygiénistes, modes d’emploi détaillés des corps, organe par organe.

Les parents ont-ils vraiment envie que leurs enfants soient dès le collège des experts du kamasoutra ? Souhaitent-ils vraiment que leurs rejetons aient des relations sexuelles dès cet âge, qui plus est avec 3 ou 4 partenaires ? Ne conduit pas en réalité les élèves, sous prétexte d’éducation sexuelle, vers la partouze et le porno ?

Si le lecteur a des doutes, nous l’invitons à explorer le site Internet partenaire de l’Education nationale www.onsexprime.fr : il « appréciera » notamment les recommandations accompagnant les descriptions des diverses positions pour les pénétrations vaginales, buccales et anales… Ceci dit en précisant que certains manuels scolaires de collège font la publicité de ce site internet auprès des élèves…

L’urgence est là : le passage en revue, et la refonte quand nécessaire, de tous les programmes et supports scolaires, le sexe et son faux frère, le genre, ayant investi nombre de niveaux et de disciplines.

Nous partageons largement l’alerte d’Emmanuel Macron sur l’accès à la pornographie. Maintenant, reste à agir, mais sans oublier l’Education nationale !

Sabinius

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