Chronique : « PMA sans père et GPA, les deux faces d’une même médaille »

La secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a déclaré ce matin que l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes sera proposée par le gouvernement dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique en 2018. Elle a dit que « cet engagement de campagne » d’Emmanuel Macron serait « tenu ».

« Proposer » ou « imposer », telle est la question ? Le pire est à craindre lorsque nous regardons le processus qui est en train d’amener à l’adoption express de la loi travail : pas de débats parlementaires grâce aux ordonnances, et dévoilement de leurs contenus au dernier moment.

Comme pour la loi travail, il faudrait s’exécuter sur la PMA, suivre béatement le gouvernement sous prétexte que le président de la République avait fini par céder au lobbying de l’inter-LGBT dans un courrier surprenant publié quelques jours avant le 1er tour de l’élection présidentielle.

Mais la PMA sans père soulève, outre des problèmes éthiques insondables, un problème de justice sociale fondamentale que semble oublier Marlène Schiappa : l’enfant conçu par PMA dans ce contexte n’aura ni père ni ascendance paternelle. C’est vertigineux d’oser imaginer de rendre sciemment des enfants orphelins de père et ce, en sachant que l’Etat est d’abord là pour protéger les plus vulnérables.

La transgression est d’autant plus inouïe que la PMA sans père passerait par le détournement de la médecine au profit d’une revendication sociétale : en effet, si une femme seule, ou deux femmes en couple, ne peuvent concevoir d’enfant, ce n’est pas en raison d’une pathologie de la fertilité, cela n’a rien à voir avec la médecine. La PMA sans père implique de passer de la conception à la fabrication d’enfant ce qui revient à chosifier la personne humaine et à mettre une limite à sa dignité.

La PMA sans père a en outre pour corollaire la GPA : les deux vont de paires.  La première revenant à réaliser un prétendu « droit à l’enfant », il faudrait bien, ensuite, pour des raisons d’égalité, légaliser aussi la GPA. Du côté médical, le terrain de l’instrumentalisation à des fins sociétales serait déjà prêt.

Oui, ne soyons pas naïfs, PMA et GPA sont les deux faces d’une même médaille.