Chronique : « La PMA sans père, Descartes et le bon sens »

L’Association Des Familles Homoparentales a tweeté au début du mois d’avril, « Notre passage préféré du livret anti- #PMA de @LaManifPourTous ou comment se débarrasser discrètement des sciences humaines et sociales… ». Ce passage, le voici in extenso : « L’expérience humaine ne manque pas en la matière : faut-il vraiment des études scientifiques pour prouver que l’enfant a besoin de père (et alors même que l’enfant ne voit pas le jour sans lui) ? » Or, aujourd’hui c’est un fait, les études scientifiques concernant les enfants élevés par des couples de même sexe ne sont pas fiables. 

Le Comité consultatif national d’éthique l’écrit lui-même dans son avis sur la procréation médicalement assistée de juin 2017 : « Il ne paraît pas encore possible, au vu de la littérature publiée, de formuler une évaluation consensuelle de l’évolution des enfants élevés dans des familles homoparentales. » Puis il donne les raisons pour expliquer sa réticence : « Si la grande majorité de ces études émettent une conclusion positive sur le devenir des enfants, les biais méthodologiques, les disparités de critères retenus et le recul insuffisant ne permettent pas de l’affirmer avec certitude ». Nous partageons ces motivations, auxquelles nous rajoutons que les cohortes étudiées sont anodines, le recrutement est partisan, et les répondants sont des militants. Ces études ne respectent donc aucun des critères académiques.

En revanche, La Manif Pour Tous en appelle au bon sens des adultes. C’est ce qu’Emmanuel Macron défend, « Notre pays a besoin de bon sens. Ça ne coûte pas cher, ça ne s’impose pas par la loi, mais chacune et chacun essaye de l’appliquer à sa vie, et c’est cela que je propose ». (Marseille, le 17 novembre 2016).

Lors de ses vœux à la presse en janvier dernier, le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a déclaré que « « S’il y a un enseignement à tirer de Notre-Dame-des-Landes (…) c’est que trop souvent les séances de concertation qui les précèdent sont en réalité seulement des séances d’information. Souvent, les interpellations citoyennes et les avis d’experts, pourtant pleins de bon sens, ne sont pas pris en compte ».

Est-ce un scandale de revendiquer pour les enfants le droit d’avoir un père et une mère comme le dit l’article 7 de la Convention internationale des droits de l’enfant signée par la France ? Oui, pour les adultes militant pour le droit à l’enfant. Non, pour ceux qui sont attachés à la justice, c’est-à-dire en l’occurrence à la défense du plus faible, l’enfant. C’est aussi ce qu’on appelle le bon sens. Et c’est parce qu’il frappe justement, que les idéologues le moquent. Le bon sens, comme la bienveillance, est un donné de la vie en société.

C’est ce que dit Descartes dans la première phrase de son célèbre « Discours de la méthode » : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. » Ainsi, provocateur – et ironique -, Descartes défend l’idée que tous les hommes ont du bon sens, et qu’ils sont ainsi égaux. Le bon sens n’est donc pas l’opinion commune que partagerait tout le monde, mais il est simplement synonyme de raison. CQFD.

Lire toutes les chroniques ici