Chronique : « PMA-GPA : les Verts divisés »

Lors de la dernière campagne présidentielle, Yannick Jadot, candidat d’Europe Ecologie les Verts (EELV) jusqu’à ce qu’il se rallie à Benoît Hamon, était favorable à l’idée d’ « ouvrir la PMA à toutes femmes ». Au même moment, il proposait de modifier la constitution pour que dans l’article premier soit inscrit « République écologique », et soutenait les opposants au site d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure qui ne veulent pas « qu’on empoisonne la Terre mère »…

Ne voit-il pas qu’une telle incohérence décrédibilise ses convictions écologistes ? La même question se pose pour les Verts qui ont officiellement pris position pour toutes les réformes sociétales quelles qu’en soient les conséquences : mariage de personnes de même sexe, PMA sans père et gestation pour autrui (GPA).

En réalité, ça c’est la version officielle, publique, car les écologistes sont divisés.

Il existe en effet un courant, cohérent sur le plan doctrinal, prenant appui sur les philosophes majeurs de la pensée écologiste, Jacques Ellul (1912-1994) et Ivan Illich (1926-2002), qui sont opposés à toutes ces réformes au nom d’une pensée critique à l’égard de la technique.

Ainsi, en 2015 lors du congrès d’EELV, une motion sur « l’ensemble de ces revendications (PMA pour toutes) à l’occasion de la prochaine révision des lois de bioéthique » a obtenu la majorité des voix : « Pour : 20 ; contre : 10 ; nppv* : 5 ; blancs : 9 ». Si nous additionnons les votes opposés et les votes blancs, le total est de 19. Ce qui est considérable face aux 20 votes favorables. Et encore, il y a ceux qui n’ont pas pris part au vote (volontairement ?).

Mais ce sont les partisans de la PMA sans père qu’on entend dans l’espace médiatique – à l’exception notable de José Bové –  et qui donnent le la : au nom du progrès et de la défense des minorités portés par ces mots magiques de « réformes sociétales » ; parce que c’est le sens de l’histoire ; parce qu’ils ont cédé à la vague de l’ultralibéralisme utilisant l’humain pour développer un nouveau marché ; parce qu’au fond, ils n’ont que faire de la technicisation de la procréation ni du respect de l’humain, qui est pourtant le cœur même de notre environnement.

C’est ce que dénonce l’écologiste Alexis Escudero dans son ouvrage « La Reproduction artificielle de l’humain » : « Il était fatal qu’après s’être emparé de la sphère de la production (l’eau, la terre, les matières premières, le travail humain, etc.), le techno-capitalisme s’attaque à la reproduction. Il faut pour cela que soit détruite cette faculté scandaleuse dont jouissaient les humains de se reproduire par leurs propres moyens – et même, quelquefois avec plaisir ».

La PMA sans père et la GPA sont l’antithèse de l’écologie. Il faut le répéter. Et faire savoir que les Verts, comme tous les partis politiques en France, sont profondément divisés à ce sujet. Le consensus n’existe dans aucun parti politique.

Et il appartient aux politiques comme à tous ceux qui pensent que la France, patrie des droits de l’Homme, doit protéger les droits de l’enfant et le respect de l’humain de s’exprimer, de se mobiliser, d’agir, ne pas laisser le champ libre à ceux qui usent et abusent des ficelles du politiquement correct, de l’invective et du procès en passéisme. … en bref : d’être libres !


*nppv : ne prend pas part au vote

 

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