Chronique – PMA : le conseil national de l’Ordre des médecins n’est ni pour ni contre, et pourtant…

Pourtant, 45% des médecins sont contre l’ouverture de la PMA sans père à toutes les femmes contre 44%, tandis que 11% ne se prononcent pas(1) .

Pourtant, l’Académie de médecine est contre également, déclarant que « l’assistance médicale à la procréation avec donneur prive volontairement l’enfant de la relation structurante avec deux adultes de sexe différent », insistant sur « l’intérêt supérieur de l’enfant ».

Pourtant, plus de 1700 médecins, à l’initiative du docteur Raphaël Nogier, ont signé un Manifeste (2) contre la PMA sans père rappelant que « le médecin ne doit pas être au service d’une idéologie quelle qu’elle soit. La sélection des races, l’eugénisme, le dopage, les expériences sur l’homme, la « fabrication » d’enfants en dehors de la complémentarité homme-femme sont étrangers aux buts de la Médecine ».

Pourtant, la vocation de la médecine est de soigner, et non pas de répondre aux désirs, comme le rappelle le docteur Bertrand Galichon, président du Centre catholique des médecins français (CCMF) : « Nous ne sommes pas là pour répondre à n’importe quelle demande […] Allons-nous vers un horizon où les médecins seront simplement tenus de répondre aux demandes de la société sans pouvoir réfléchir sur leur fonction première ? »

Cependant, le Conseil national de l’Ordre des médecins a décidé d’adopter une position… qui n’en est pas une : peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Le docteur Jean-Marie Faroudja, président de la section éthique et déontologie du Conseil national de l’Ordre des médecins la résume : « Nous considérons que cette demande est essentiellement sociétale. Si la société veut une AMP élargie, nous estimons que c’est à elle de trancher. Sur ce sujet sensible, il n’est pas dans notre rôle de dire ce qui est bien ou ce qui est mal. L’Ordre des médecins n’est pas une instance moralisatrice. (3) » Etrange, compte-tenu de la section du Conseil de l’Ordre qu’il préside !

Ainsi, l’Ordre des médecins décide de s’en laver les mains malgré les oppositions ci-dessus citées de ses pairs, auxquelles s’ajoutent celles de nombreux professeurs et scientifiques de renom, tels Jacques Testard et Jean-François Mattéi. Et pour lui, peu importe les conséquences pour tous. Une position qui, en réalité, ne manquera pas de mettre en difficulté la légitimité de cette instance, supposée représentative.


(1)Sondage Exafield pour Le Quotidien du médecin du 23 mai 2018, réalisé auprès de 556 médecins.
(2) https://www.lemanifestedesmedecins.fr/
(3) La Croix, 19 septembre 2018.

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