Chronique : « Manuel Valls, pompiste méthodique du « tous pourris » »

Manuel Valls, à la peine dans le débat politique, essaie de revenir. Il a trouvé pour cela la question de la PMA sans père. Il a tweeté hier : « Je suis pour la #PMA pour toutes les femmes. C’est un engagement d’Emmanuel Macron, il faut qu’il aille jusqu’au bout » et « il ne faut pas retomber dans le débat autour du mariage pour tous. La campagne de @LaManifPourTous doit être dénoncée avec énergie. » Que disent ses tweets ? Et quelle conséquence l’attitude de l’ancien Premier ministre socialiste a-t-elle auprès du grand public ?

Des tweets d’un opportunisme dévastateur

La Manif Pour Tous et Manuel Valls, c’est l’histoire d’une relation ancienne. Ministre de l’Intérieur de mai 2012 à mars 2014, c’est le responsable socialiste qui aura été le plus en pointe dans la manipulation des faits et des chiffres face à la mobilisation contre la loi Taubira. Il reste l’homme qui aura organisé la répression policière, donné l’ordre de mettre en garde à vue plus de 1000 opposants pacifiques, laissé emprisonner l’un d’eux plusieurs semaines, dénigré systématiquement les leaders et les sympathisants du mouvement. Et si ce n’est pas lui, c’est son fidèle lieutenant, le député socialiste Luc Carvounas qui nous insultait hier encore, « Les fachos sont de retour. »

Ses tweets sont la signature du formidable opportunisme d’un homme qui tente de réexister après avoir emprunté le grand chemin de la trahison en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Candidat déclaré à la primaire de la gauche le 5 décembre 2016, battu, il appelle à soutenir Emmanuel Macron le 29 mars. Il aura donc fallu moins de 4 mois pour trahir le camp auquel il appartenait depuis… 37 ans, année de son adhésion au Mouvement des jeunes socialistes pour soutenir Michel Rocard. Trahison également parce que Manuel Valls s’était engagé par écrit à soutenir quel qu’il soit le candidat qui gagnerait cette primaire. C’est ainsi que Benoit Hamon a dû se passer du soutien de l’ancien Premier ministre de François Hollande, ce qui n’était tout de même pas rien. A la débâcle du camp socialiste, il ajoutait la désertion. Il faut s’en souvenir. Les actes d’un homme dessinent sa personnalité, surtout dans les grandes épreuves.

Le comportement de Manuel Valls est l’archétype de tout ce que les Français ont rejeté en donnant près de 50% de leurs voix à des partis d’extrême gauche et d’extrême droite au 1er tour de la présidentielle, puis en élisant un homme jamais élu. Et Manuel Valls ne doit son élection de député en mai dernier qu’à la mansuétude du chef de l’Etat qui ne mit pas de candidat LREM face à lui, ce qui lui fit gagner, mais de 139 petites voix d’avance seulemet dans un fief qui lui était historiquement acquis.

Du fuel qui alimente la rengaine du « tous pourris »

La politique française souffre de ces voltes-faces, de ces trahisons à répétition, de cette rhétorique politicienne qui justifie tout et son contraire. Quelle crédibilité les électeurs peuvent-ils accorder à la parole d’un homme qui a trahi son camp ? qui appelle à ce qu’il n’y ait pas de débat sur un sujet fondamental ? qui ne respecte pas la démocratie ?

Et quelle crédibilité accorder à un homme qui avait promis en 2014, pour stopper la marchandisation de l’humain, de lancer une initiative internationale contre la GPA ? Il déclarait avoir missionné à ce sujet son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. En réalité, rien n’a été entrepris.

La conduite de Manuel Valls ruisselle sur l’ensemble des responsables politiques, pourtant honnêtes et dévoués pour nombre d’entre eux, mais amalgamés dans le grand magma du « tous pourris ». La France, hélas, récolte les fruits amers de ces comportements indignes.

Alors, monsieur Valls, imposez-vous une cure de silence, longue, studieuse, humble ; prenez le temps de la réflexion sur le sens de l’action politique et la responsabilité des représentants de la nation. Sans cela, n’espérez pas redevenir audible…