Chronique : Quand l’idée de « projet parental » s’effondre comme un château de sable

Une avocate militante pro-PMA sans père et GPA a publié récemment un petit texte sur Facebook dans lequel elle présente la défense d’une cliente, « mère sociale qui demande le maintien du lien avec l’enfant qu’elle a désiré dans le cadre d’un projet parental avec la mère biologique ». Curieusement, la lecture de ce texte provoque un sentiment paradoxal : l’avocate fait surgir toutes les questions que La Manif Pour Tous ne cesse de mettre en avant dans la folle dérive des liens parents-enfants qu’a provoquée l’adoption de la loi Taubira. Son plaidoyer va tout aussi bien contre le « projet parental » qu’elle cherche pourtant à défendre.

L’avocate militante écrit que « ce sont des situations difficiles car autant la femme qui a accouché a un statut juridique du fait de son accouchement et elle est parée de toutes les vertus, autant la mère sociale n’a aucun statut : ni droit ni devoir. Ce qui me frappe le plus dans ce type de situation, c’est l’énergie avec laquelle les mères statutaires se battent pour que l’enfant ne voit plus leur ex-compagne ».

De fait, dire qu’un enfant a deux mères est une fiction. La réalité universelle de notre humanité c’est que l’enfant n’a qu’une mère, et qu’il a besoin d’une mère et non de deux. La conjointe de la mère est donc évidemment confrontée au risque de ne pas être considérée comme mère à l’instar de la mère, ce qui sera immanquablement source de difficultés et de souffrances. Déjà elle ne l’est pas aux yeux de la mère. Et l’est-elle aux yeux de l’enfant et même d’elle-même ?

Cette avocate, dans son déni idéologique de la réalité, ne cesse de dire qu’un « projet parental » suffit à être parent et que la filiation doit être redéfinie sur ce fondement. Mais là comme dans d’autres cas similaires, la mère nie le droit de son ex-compagne de voir l’enfant parce qu’elle le considère comme le sien et non celui de son ex-conjointe.

L’avocate écrit même : « ce qui me frappe, ce sont aussi les répercussions d’une décision de rejet sur la mère sociale, c’est dévastateur et c’est d’1 rare violence ». Bien-sûr puisque certains, dont notre avocate, lui ont fait croire qu’elle était pleinement mère, niant ainsi la dimension charnelle de la maternité, laquelle revient au galop quand le conflit est là, si ce n’est dès la conception de l’enfant.

L’avocate ne voit-elle pas toute la fragilité de son fameux « projet parental » face aux aléas de la vie et l’impasse dans laquelle son militantisme trompeur plonge ces femmes conjointes de mères ?

Le projet parental est une pure construction : éminemment fragile, il ne peut tenir face aux passions humaines.

Cette dernière achève sa publication en disant qu’« on peut penser que l’enfant demandera des comptes à sa « vraie » mère lorsqu’il sera plus grand, du genre pourquoi tu m’as privé de voir ma « mana », alors que j’ai vécu les 4 premières années de ma vie avec vous deux ? » Nous assistons là aussi à un véritable retournement de cette avocate qui passe son temps à défendre l’idée que les enfants ont la résilience nécessaire pour surmonter toutes les brisures de leur filiation (absence du père, amputation de la moitié de leur généalogie, etc.) et qui ne cesse d’insulter La Manif Pour Tous parce qu’elle souligne que les enfants privés sciemment de père demanderont un jour des comptes à ceux qui les ont faits orphelins.

Le texte de cette avocate libertaire et ultralibérale – par ailleurs élue écologiste marquée par le conservatisme le plus dur dès qu’il s’agit de l’environnement -, est un condensé des problèmes soulevés par le fameux « projet parental » soutenus par elle-même et d’autres comme la sociologue militante Irène Théry.

Le « projet de parentalité » est une fiction sociologique, un déni de la différence père-mère, un mot valise sans fondement, un château de sable menant dans de tragiques impasses humaines.

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