Chronique : « #IdéeReçue11 / PMA sans père et GPA n’ont rien à voir »

La plupart des partisans de la procréation médicalement assistée (PMA) sans père soutiennent qu’elle n’a rien à voir avec la gestation par autrui (GPA).

Pour ces derniers, la PMA sans père n’est qu’un mode de procréation permettant aux couples de femmes et aux femmes célibataires de dépasser (en apparence) leur impossibilité de concevoir un enfant. Tandis que la GPA est un tout autre mode de procréation qui met en œuvre une autre logique, l’enfant étant porté par une femme exploitée à cette fin. La PMA sans père, au contraire de la GPA, ne poserait pas de problèmes éthiques et humains.

L’association Osez le féminisme ! déclare ainsi que « la GPA nécessitant une “mère porteuse”, la PMA et la GPA ne sont pas du tout comparables. La GPA signifie la marchandisation du corps des femmes et leur précarisation, mécanismes auxquels nous nous opposons fermement. La GPA est contraire au principe juridique d’indisponibilité du corps humain et contraire à la dignité humaine. La GPA éthique n’existe pas ».

D’autres partisans de la PMA sans père estime qu’avec cette technique la femme qui accouche est bien la mère de l’enfant, alors que dans la GPA on veut faire croire que « la mère n’est qu’une « porteuse » (…) Dans la PMA on ne nie pas la mère, dans la GPA on efface son nom » écrit Eliette Abécassis. Elle passe sous silence le fait que la PMA pour les femmes seules ou lesbiennes nie le père, ce qui n’est pourtant pas mieux que de nier la mère !

En réalité, conséquences de la loi instaurant le mariage de deux personnes de même sexe comme La Manif Pour Tous l’avait annoncé dès 2012, PMA sans père et GPA sont irrémédiablement liées.

De fait, pour fonder une famille, finalité du mariage, deux femmes ou deux hommes ne peuvent que recourir à ces pratiques. Du point de vue de la réalité humaine, le problème est le même : par définition, deux personnes de même sexe ne peuvent pas concevoir d’enfants ensemble.

Sur le plan médical, la sociologue et militante LGBT Dominique Mehl dit elle-même que « dans le débat actuel, on dissocie totalement PMA et GPA, on fait une erreur. Dans nombre de cas, la GPA est bel et bien un volet de la procréation médicalement assistée. Il y a un don de sperme, un don d’ovocytes et un prêt d’utérus dans un contexte où on a besoin d’une tierce personne et d’un geste médical. »

Sur le plan juridique, en cas de légalisation de la PMA sans père, celle-ci concernerait les couples de femmes et les femmes seules. Cela reviendrait de facto à créer un « droit à l’enfant » pour les femmes. Dans un objectif d’égalité, il faudrait alors, inéluctablement, accorder ce même « droit » aux couples d’hommes et aux hommes seuls en légalisant la GPA (qui servirait alors aussi à des couples homme-femme).

La PMA a été conçue pour remédier à des infertilités d’origine pathologique, donc pour des couples homme-femme en âge de procréer. Elle ne suppose certes pas d’exploiter un tiers pour faire office d’incubateur. Cependant, donner son sperme n’a rien d’anodin : c’est un acte lourd de conséquences puisqu’il s’agit d’engendrer un enfant. Cela explique la pénurie chronique de sperme.

Quant à la marchandisation de l’humain, justement, elle viendra avec l’ouverture aux femmes seules ou lesbiennes en raison de ce manque de sperme : passer du don à l’acte payant est déjà présenté par certains comme la solution.

La PMA sans père soulève une question humaine et éthique fondamentale liée au fait de concevoir délibérément des orphelins-nés, ce qui est contraire à l’intérêt supérieur de l’enfant (et à la Convention internationale des droits de l’enfant). Tout comme la GPA prive volontairement l’enfant de sa mère. De telles violences faites aux enfants blessent très gravement notre humanité.

PMA sans père et GPA vont bien de pair, ce qu’Emmanuel Macron a d’ailleurs lui-même évoqué dans sa dernière intervention télévisée.