Chronique : GPA : quand un rapport propose de payer tout le monde, sauf la mère porteuse

Il se déroule actuellement à Genève la 37ème session du Conseil des droits de l’homme. Hélas, c’est la consternation à la lecture du rapport présenté ce 6 mars « sur la vente et l’exploitation sexuelle d’enfants », lequel « présente également une étude thématique sur la gestation pour autrui et la vente d’enfants et formule des recommandations sur les moyens de faire respecter l’interdiction de la vente d’enfants et de prévenir ce type d’actes. »

Ce rapport dénonce sur des pages et des pages le trafic d’enfants, fait le constat d’une l’exploitation des femmes – que la GPA soit commerciale ou non -, mais au final, ne recommande pas l’abolition de la GPA !

Tartuffe, la rapporteuse écrit que « tous les États sont tenus d’interdire la vente d’enfants et de mettre en place des garanties visant à prévenir de tels actes », mais ensuite que « le choix fait par la mère porteuse de transférer juridiquement et physiquement l’enfant au(x) parent(s) d’intention après la naissance doit être un acte gratuit, fondé sur ses propres intentions après l’accouchement, plutôt que sur une obligation juridique ou contractuelle. » Elle pense donc vraiment qu’il y a des GPA gratuites ? Et dans ce cas, tout le monde est payé sauf la femme : c’est ça la solution « éthique » ?

L’auteur va jusqu’à écrire qu’ « il est tout à fait possible pour les États de réglementer strictement et d’autoriser la gestation pour autrui commerciale sans qu’il y ait vente d’enfants s’ils adoptent et appliquent efficacement une législation claire, conformément aux présentes conclusions et recommandations. » Quant à la « la gestation pour autrui altruiste, les États devraient, si possible, encadrer convenablement cette pratique afin de prévenir la vente d’enfants et de respecter l’interdiction internationale à cet égard. »

En somme, si la vente d’enfants est encadrée, ce n’est plus une vente d’enfants !?

Ce rapport, qui n’est que contorsions, confirme ce qu’a déclaré Ludovine de La Rochère à la tribune de l’ONU le 20 juillet 2017 : « Légalise-t-on l’exploitation des femmes ? Encadre-t-on l’esclavage ? Non, aucun prétexte ne peut le justifier. La pratique des mères porteuses doit être urgemment et fermement condamnée et combattue : les femmes et les filles comptent sur l’ensemble des Etats-membres pour stopper toute forme d’exploitation, sans exception. »

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