Chronique : « France, ta démographie fout le camp ! »

Les chiffres de l’Insee ont été publiés la semaine dernière : pour la troisième année consécutive, la France enregistre une baisse des naissances. Le nombre de nouveau-nés a diminué de 17 000 en 2017, après une baisse de 15 000 l’année précédente. La fécondité était de 1,92 enfant par femme en 2016 ; elle n’est plus que de 1,88 en 2017. Lentement, mais sûrement, notre démographie dégringole, rejoignant le marécage de nos voisins européens – Irlande (1,94), Suède (1,88), Royaume-Uni (1,81), Italie (1,37), Espagne (1,32), Portugal (1,23)… En revanche, l’Allemagne passe de 1,39 en 2010 à 1,59 en 2016 grâce à une politique familiale volontariste – avec notamment la construction massive de crèches et une meilleure conciliation vie professionnelle et familiale.

Ce qui frappe, c’est le silence assourdissant des responsables politiques français. Mises à part quelques petites phrases relevant que le renouvellement des générations n’est plus assuré (l’indice de fécondité doit être supérieur à 2,1 enfants par femme, c’est-à-dire 3 dans les faits), aucun membre de l’exécutif ne s’est soucié de cette situation depuis la déclaration de politique générale du Premier ministre en juillet 2017.

Au contraire, Emmanuel Macron s’est mis dans les pas de François Hollande avec la double baisse (montant et seuils) de la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE) qui, selon l’UNAF (Union Nationale des Associations Familiales), a exclu 30% des familles, essentiellement des classes moyennes et populaires ; avec aussi la réforme de la taxe d’habitation qui est en partie portée par les familles de plus de deux enfants, c’est-à-dire par celles qui assurent le renouvellement de notre société, qui payeront les retraites et financeront le système de santé public, etc.

François Hollande avait cassé la confiance des familles au cours de son quinquennat par de nombreuses mesures anti-familles, notamment l’abaissement par deux fois du plafond du quotient familial, le plafonnement et l’imposition de la majoration de 10% de la pension de retraite pour les familles ayant élevé trois enfants ou plus et la mise sous conditions de ressources des allocations familiales. Les démographes se demandaient alors si ces mesures auraient un impact sur la démographie. Aujourd’hui, la réponse est claire.

Il convient donc d’urgence d’inverser la tendance. La France vieillit. Ne pas le dire, ne rien faire, n’est pas ce que les Français attendent d’authentiques hommes d’Etat. Laisser faire comme si de rien n’était, n’est pas responsable, n’est pas à la hauteur de la situation et des défis posés. Un Etat démographiquement faible est un pays sans avenir, sans futur pour sa jeunesse qui ne pourra seule porter le poids à la fois des investissements et des retraites dans les années qui viennent. Dire le contraire, c’est être incompétent ou mentir. Il y a urgence désormais à agir pour que les Français aient à nouveau des enfants. La balle est dans le camp du pouvoir.

Accéder à l’ensemble des Chroniques