Chronique : « Quand le féminisme devient terrorisme »

 Dans la nuit du 25 au 26 octobre dernier, à Meylan en Isère, un attentat a été commis dans l’enceinte d’une gendarmerie. Quatre véhicules appartenant à des familles de militaires,  stationnés au pied d’un bâtiment de logements de fonction, ont été incendiés. 24 personnes ont pu être évacuées sans qu’aucune d’elle ne soit blessée. Pourtant, cet attentat qui n’a guère suscité de réprobation, ni d’émotion, est le signe de la radicalisation d’une frange féministe.

La revendication est venue dans un communiqué publié par un groupe féministe libertaire de l’ultra-gauche : « Lutter contre le sexisme, pour nous, c’est lutter contre le genre. Et lutter contre le genre, c’est refuser la logique qu’engendre les assignations, sans nier qu’elles nous conditionnent aussi ». Il écrit aussi : « nous ne voulons pas être définies par les particularités de nos corps mais bien par ce qui résulte de nos choix, nos éthiques et nos actes. Même si on aimerait détruire le genre, ça nous fait du bien de se retrouver aussi entre personnes qui partagent les même ressentis, qui vivent dans leur chair ce que signifie d’être assignées meufs, et qui ont la même envie de s’en défaire. » Puis, les criminelles justifient l’attaque des voitures privées parce que « derrière l’uniforme il y a un humain, c’est à lui que nous avons cherché à nuire ». Et elles narrent leur assaut par une tirade sexiste, genrée, caricaturale. « Après un dernier sourire et un câlin, on a coupé le grillage. Avec dix litres d’essence, on s’est –discrètement– lancées à l’assaut du parking. »

Cet attentat apparaît comme le premier commis en France par un groupe féministe. Il aurait pu avoir des conséquences « dramatiques » selon le procureur de la République de Grenoble. Heureusement, cela n’a pas été le cas. Cependant, nous restons stupéfaits par l’absence de condamnation du gouvernement et par le silence des associations féministes, pourtant si promptes à s’offusquer du moindre dérapage. Est-ce par lassitude ? Ou parce que ce groupe féministe est inconnu ? Ou parce que la correction politique veut qu’on ne dénonce que les attentats commis par les « mauvais groupes » – et nous vous laissons en faire la liste à l’aune du politiquement correct…?

Il convient pourtant d’analyser cet attentat, de se demander comment et pourquoi ce groupe féministe a pu consciemment brûler des voitures et des habitations, prenant  le risque de tuer de nombreuses personnes.

A Meylan, la revendication égalitariste a conduit à un attentat. Il serait temps d’en prendre conscience et de le dénoncer pour ce qu’il est, et non pas de le recouvrir d’un voile pudique. Le silence assourdissant qui entoure ce crime est un très mauvais signal envoyé aux militants les plus fragiles et les plus radicaux qui l’interpréteront comme un laisser-faire. Comme toujours, se taire, c’est être complice.