La Vie – LREM prend position sur la PMA, certains députés de la majorité s’inquiètent

Le bureau exécutif de La République en marche (LREM) a fixé les orientations du parti au sujet de la réforme de la PMA. Cette prise de position suscite l’inquiétude des députés « PMA-sceptiques » au sein de la majorité.

Le Président voulait prendre le temps de la réflexion et de la discussion sur la PMA, pour ne pas risquer de fracturer la société. Son parti vient pourtant de fixer sa ligne sur les modalités de l’ouverture de la PMA aux couples lesbiens et aux femmes célibataires, bien en amont des travaux parlementaires.

Mesure la plus symbolique, le parti a tranché en faveur du remboursement total de l’acte par la Sécurité sociale. La PMA telle qu’elle est autorisée aujourd’hui (c’est-à-dire pour les couples hétérosexuels) est déjà remboursée à 100% à condition que la femme soit âgée de moins de 43 ans.

Au sujet de la filiation, LREM s’est prononcé pour la « double filiation maternelle préalable », autrement dit la reconnaissance de la filiation pour les deux mères dès la naissance de l’enfant. Le parti se prononce aussi pour la reconnaissance de la filiation des enfants nés de GPA à l’étranger, comme l’avait évoqué Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle.

Enfin, le bureau exécutif du parti a tranché en faveur de l’autorisation de l’auto-conservation des ovocytes (c’est-à-dire la congélation des gamètes d’une femme qui désire remettre à plus tard un projet d’enfant sans compromettre sa capacité reproductive), pour le maintien de la gratuité des dons de gamètes et l’anonymat du donneur. Cette dernière mesure peut être aménagée dans certains cas. « Si le donneur est d’accord, à sa majorité l’enfant pourra connaître son identité. À défaut il aura accès à des données non-identifiantes, comme des antécédents médicaux du donneur », a expliqué le député LREM Thomas Mesnier au Monde.

Désaccords au sein de la majorité

À l’origine la semaine précédente d’une tentative de proposition de loi visant à accélérer l’ouverture de la PMA, le député LREM Guillaume Chiche pavoise. « Il s’agit d’une conséquence directe importante et très positive, a-t-il déclaré immédiatement. C’est la première fois que le mouvement arrête des positions dans la définition d’orientations politiques. Je tiens à saluer son volontarisme et sa détermination. »

Du côté des « PMA-sceptiques » au sein du groupe LREM à l’Assemblée, l’inquiétude qui prime. Certains y voient même une façon de court-circuiter le travail de la mission d’information parlementaire et du CCNE, qui n’a pas encore remis son rapport officiel, et qu’Emmanuel Macron avait promis d’attendre.

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Source : Sixtine Chartier – Publié le 27/07/2018 à 14h36