La Vie – La bioéthique est mal partie

Sur un sujet aussi grave, je n’irai pas par quatre chemins. Je suis consterné par le contenu de l’avis 129 du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) sur la révision des lois dites bio-éthiques. Et, malgré ma sympathie pour Marion Muller-Colard et mon respect pour son talent littéraire, je suis en désaccord avec sa présentation « optimiste » dudit avis – je pense à ses réponses (embrouillées) aux questions d’Olivia Elkaim parues sur le site Lavie.fr le 27 septembre.


En réalité, pris un à un, les 40 membres du CCNE (créé en 1983 par François Mitterrand) sont estimables, mais ils continuent à céder du terrain sur la question des limites : recherches sur les cellules-souches embryonnaires, conservation des ovocytes, extension de la PMA, etc. Au nom du « progrès » et de la compétence des scientifiques, le CCNE se rallie ainsi une fois encore aux désirs du pouvoir. Ce dernier a d’ailleurs choisi et nommé chacun de ses membres, en février 2016 – les désaccords et objections sont de facto passés sous silence. Je pense aux réticences de ma consœur Dominique Quinio, ancienne directrice de La Croix et présidente des Semaines sociales de France. Elle note que les propositions ont été passées en revue de manière très rapide car « le temps (leur) était compté ». Elle ajoute qu’il restait « de lourdes questions éthiques à traiter ». Les réflexions du philo-sophe Pierre Le Coz – qui sait de quoi il parle, puisqu’il fut vice-président dudit comité – sont plus sévères encore : « À quoi sert le CCNE s’il n’est que le porte-voix de l’idéologie dominante ? » (…)

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Publié le 08/10/2018 à 16h46 – Guillebaud, journaliste, écrivain et essayiste
http://www.lavie.fr/debats/bloc-notes/la-bioethique-est-mal-partie-08-10-2018-93454_442.php?utm_content=buffereced7&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer