Causeur : « PMA/GPA: l’enfant pour tou·te·s est arrivé! »

L’enfant de l’amour est de retour : le serpent de mer. Corrigeant la communication exaltée de Marlène Schiappa, le Premier ministre a annoncé récemment que le gouvernement profiterait de la révision de la loi de bioéthique de 2018 pour y inclure la PMA pour tous, ouvrant ainsi la voie à la GPA. Ce qui s’appellera faire d’une pierre deux coups. Merci à notre revue préférée de nous offrir, ce mois-ci, un avant-goût du match inédit à venir, avec  la photographie de la gaie farandole d’Anne, Jack et les autres, à la frimousse épanouie, tenant une banderole qui vaut son pesant d’égalité, de fraternité et de constitutionnalité : « PMA Filiation Egalité. »1 Macron ne lâche rien. Les « bioconservateurs » non plus. A vos marques !

Et Taubira créa le mariage pour tous

Cette loi à venir s’inscrit dans le long temps. Le très long temps. Des millions d’années après le Big bang originel, on tombe sur Homo sapiens. Passons les étapes suivantes. En  un tour de cuiller à pot, autre big bang : l’ère Taubira, inaugurée par Amandine, avec l’homo sexualis sexualis. Plus besoin de copuler à l’ancienne, sur un lit de bruyères fossilisées, avec un partenaire d’un autre sexe. On est père et/ou mère (inclusion oblige) par action, par intention et par omission. On s’y… perd un peu mais comptons sur la chambre incubatrice de cerveaux pour nous y retrouver. Ce sera du lourd. Avec ce saut anthropologique, impossible de revenir en arrière. On ne sait pas trop pourquoi mais c’est ainsi. Aussi bien Madame Taubira avait-elle salué dans le « mariage pour tous » non seulement une révolution (c’est dans nos gènes) mais l’avènement d’une nouvelle civilisation.

Le mariage, c’est le mariage. Autrefois, dans des temps très anciens, l’impuissance était une cause de nullité. Mais ça, c’était le code Napoléon (un sacré machiste). Nos mariés de l’ère I, on ne peut dire que, s’ils sont heureux, on puisse leur souhaiter, pour l’instant, beaucoup d’enfants.

La technique au service de l’infécondité

Pour pallier cette infertilité sociale et/ou culturelle, l’homo sapiens sapiens a bien inventé des techniques opérationnelles depuis pas mal de temps, en attendant le droit opposable de l’enfant. Seulement voilà, ces moyens de production ou de reproduction restent à voter chez les primates que nous sommes et cette loi, ne nous le cachons pas, aura forcément une incidence sur le panier de la ménagère. Les gamètes, c’est comme les ortolans, c’est rare et cher. Le marché, il est vrai, s’avère de plus en plus juteux. Qui veut des gamètes ! Achetez mes gamètes ! Pour un p’tit gars tout frais, tout beau !

Madame Taubira avait l’art du verbe (dont n’a pas hérité son émule). On se souvient de ses élans poétiques à la Chambre des députés qui lui avaient valu, dans l’hémicycle, des éloges unanimes. Elle avait réuni les représentants des sept cultes (un chiffre sacré ?) et leur avait dit avec pertinence : « Le Code civil n’est pas votre champ. Ce n’est ni la Bible ni le Coran ni la Torah ». Fermez le ban. Tant il est vrai que l’ère de la Révolution française n’est jamais close. Et les muphtis de partir tout penauds. Madame Taubira avait dit aussi un jour : «  Qu’est-ce que la sexualité ? Seulement la reproduction ? » Là, pas besoin d’être grand muphti pour dire que ça y aide quand même un peu. Napoléon affirmait que ce qui resterait de lui, ce n’était pas Austerlitz mais son Code civil. Napoléon est un fils aléatoire de la Révolution et le nouveau Code civil achoppe sur la voie naturelle. A moins de passer au forceps, faire des enfants à plusieurs et les enregistrer sur un code de nationalité, ce n’est pas simple comme bonjour. En attendant que Marlène garde son sang-froid! La France n’est pas encore dans la rue.

Un saut anthropologique

Pour arriver à ses fins, que ne ferait l’espèce ? L’être humain ne cesse de jouer sur les deux tableaux de la nature et de la société. On comprend que le monde puisse être classé en « bioconservateurs » et les autres, adeptes de la révolution anthropologique. On peut dire aussi que, s’il y a, pour certains, une origine divine à la loi naturelle de la procréation, force est de reconnaître que cette loi l’emporte par sa simplicité sur une procréation assistée où les humains besognent à qui mieux mieux et plutôt mal que mieux, faute de l’outillage requis. La Nature fait efficacement les choses, avec le minimum de moyens et sans tralala. Economie non négligeable dans cette période de crise que nous vivons dont la Sécurité Sociale est la première victime. Avouons-le aussi. Tous ces débats procréatifs n’entravent-ils pas la joie de vivre nécessaire à la fertilité d’une nation ? Nul doute que des études démographiques très sérieuses vont le prouver prochainement. Dans ces conditions, invoquer un saut anthropologique irréversible est peut-être aller vite en besogne. Le calendrier révolutionnaire a duré treize ans. Un recul s’imposerait de quelques années lumière sur ce saut anthropologique avant de l’inscrire dans une loi.

La manif pour tous diabolisée

Quand il y a eu les manifs contre le mariage pour tous, que n’a-t on dit dans les médias télévisuels et les autres sur l’homophobie des manifestants ! Ce fut une accusation récurrente et indigne. Alors que les médias et les gens avertis savaient pertinemment que le Pacs ouvrait sur le mariage et tous ses droits. Et que le mariage entraînerait l’ouverture à la PMA et la GPA. On y est. Elisabeth Schemla l’écrit explicitement dans son dernier livre : « Les associations LGBT et homoparentales, un lobby gay surtout parisien relayé par la gauche, savaient pertinemment ce qu’ils enclenchaient. S’ils n’avaient pas eu d’arrière-pensée concernant la légalisation de la PMA et de la GPA, ils n’auraient pas réclamé le mariage… ». C’est on ne peut plus explicite. Réécoutons sur You Tube  l’émission de LCP, en date du 21 décembre 2012 sur le Pacs. Jean-Luc Romero  y dit en rigolant combien ses amis et lui rigolaient justement qu’on se moquât de Boutin laquelle avait raison de dire que le Pacs était la porte ouverte au mariage. « Bien sûr qu’elle avait raison.. » dit-il mais, dit-il encore : « On va dire tout le contraire devant les médias… Bien sûr qu’on rigolait. »  On imagine ce que ça doit être maintenant.

Tout enfant a une mère

Le temps est donc venu de la démystification pour tous, en tout. Tout le monde le sait bien : personne n’a deux mères, deux pères, une maman 1 et une maman 2, un père biologique et un père d’intention, sauf métaphoriquement où tout est permis : même un père spirituel si vous le désirez. Un enfant né par GPA d’un père – fût-il très célèbre – a une mère : la femme qui l’a porté. Qu’on le veuille ou pas, qu’on le dise ou non. Car personne ne peut aller contre le principe de réalité. C’est se moquer que de faire croire à une autre filiation décrétée en l’an de grâce 2013. Comme ils doivent encore plus se marrer, en effet, de nos  états d’âme et de conscience et de nos procédures, ceux qui militent pour les lois sur la PMA et la GPA !  « Patriotes ! Faites des enfants ! » lisait-on en lettres noires, il n’y a pas longtemps, sur les murs des maisons et sur le bitume. Faites des enfants par la voie naturelle, efficace et rentable ! Le Grand Marché vous tient par la barbichette ! Ne vous laissez pas faire ! Ne nous cassons pas la tête ni la tirelire de l’Etat !

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Source : 
par Marie-Hélène Verdier –