Anti-mariage homo : la colère et l’exaspération

Le collectif La Manif pour tous a de nouveau défilé mercredi soir à Paris pour protester contre le projet de loi du gouvernement. Des échauffourées ont éclaté tard dans la soirée.

 

 « La colère gronde encore. Le collectif La Manif pour tous s’était à nouveau donné rendez-vous mercredi à 19 heures au métro Sèvres-Babylone, dans le VIIe arrondissement de Paris, pour s’opposer au mariage homosexuel. Un rassemblement particulier alors que le projet de loi entre dans sa dernière ligne droite, les députés l’examinant en seconde lecture à partir de mercredi soir en vue de son adoption définitive mardi.

Les dés semblent donc jetés. Mais sous le soleil printanier, les mines réjouies des manifestants ne laissent aucun doute sur leur volonté de poursuivre leur mouvement. Très vite, les drapeaux bleus et roses du collectif virevoltent dans les airs, les bouches scandent les slogans désormais connus – «Hollande, ta loi, on n’en veut pas!» – ou s’époumonent dans les sifflets et vuvuzelas distribués par l’organisation. Une ambiance festive donc. Pourtant, l’exaspération du cortège apparaît très rapidement, à l’approche des forces de l’ordre balisant la manifestation. En chœur, la foule hue un de leurs cars qui traverse la place et des policiers essayant de les repousser. Un peu plus loin, c’est un manifestant pro-mariage pour tous, mettant ostensiblement depuis sa fenêtre ses deux pouces vers le bas, qui se fait siffler. Des mouvements d’humeur qui en disent long sur la colère des manifestants, tous âges confondus, envers le gouvernement. «On a à faire à des gens qui ne veulent pas nous écouter, ce n’est pas une façon de gouverner», se plaint Michel Girard, 58 ans, qui défile pour la troisième fois.

Gaz lacrymogène

Selon Michaël B., un cadre de 39 ans habitué de ces manifestations, quelques échauffourées ont éclaté au début du rassemblement, lorsque des pro-mariage se sont approchés un peu trop des anti. «J’ai vu que ça commençait à secouer entre les deux groupes, je suis donc allé prévenir le chef de l’escadron qui a refusé de bouger sans ordre de son supérieur», s’insurge ce père de quatre enfants. «On peut s’étonner que les policiers ne bougent pas, ce n’est pas le signe d’une grande démocratie!», ajoute-t-il, furieux.

L’arrivée de la porte-parole de La Manif pour tous, Frigide Barjot, a calmé les esprits. Elle a été acclamée par les manifestants, dont certains se sont mis à danser sur la musique diffusée par le camion des organisateurs. La bonne humeur semblait avoir repris le dessus.

Pourtant, tard dans la soirée, des accrochages ont opposé manifestants et forces de l’ordre. Des individus ont lancé des fusées, des bouteilles et des pierres sur les CRS et ont brisé les vitres d’une voiture. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène. Des journalistes ont été pris à partie par des militants d’extrême droite qui ont notamment cassé une caméra et molesté certains d’entre eux. »

 

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