Communiqué – La dignité des femmes et des enfants n’a pas de frontière !

La Manif Pour Tous appelle à passer de la parole aux actes pour renforcer l’interdiction de la GPA en France et dans le monde

En validant un détournement de l’adoption dans le contexte d’une gestation pour autrui, la cour de cassation laisse faire une avancée supplémentaire en faveur d’une pratique obscurantiste. Est-ce vraiment ce que nous voulons pour la société ?

Les arrêts publiés par la Cour de cassation ce 5 juillet accordent l’adoption simple au conjoint du père biologique d’un enfant né d’une mère porteuse à l’étranger. Ce faisant, la Cour de cassation fait preuve d’une immense hypocrisie. Alors que l’intérêt supérieur de l’enfant suppose avant tout autre chose de ne pas l’arracher à sa mère et de ne pas en faire l’objet d’une transaction, la Cour publie des arrêts qui conduiront au développement de cette pratique et non au renforcement de sa prohibition partout dans le monde, ce que le CCNE (Comité Consultatif National d’Ethique) appelle de ses vœux dans son avis rendu le 27 juin dernier.

Ces arrêts interviennent dans un contexte où certains prônent l’idée qu’un enfant pourrait être conçu sans père, donc avec un seul parent pour l’élever, tandis que d’autres, dont la Cour de cassation, estiment que l’enfant né de GPA doit avoir un parent adoptif en plus de sa mère et de son père. Cette incohérence s’ajoute au détournement de l’adoption : institution créée pour redonner des parents à un enfant orphelin qui a perdu les siens par accident de la vie, l’adoption accordée par la Cour de cassation aux parents d’intention fait de cet acte d’amour et de générosité un moyen d’obtenir un enfant, consacrant ainsi l’existence du droit à l’enfant, au détriment des droits de l’enfant.

Ces arrêts sont un pas supplémentaire vers la marchandisation de l’humain, y compris en France, pays des droits de l’Homme. Ces décisions sont d’autant plus aberrantes que les pouvoirs publics français ne cessent d’invoquer l’égalité homme-femme mais laissent proliférer l’exploitation de femmes générées par le développement de la pratique indigne des mères porteuses. « Non, la grossesse n’est pas un business. La dignité des femmes n’a pas de frontière. Interdite en France au nom de la dignité de la femme et du refus de la marchandisation des enfants, la GPA doit être interdite partout dans le monde. Cela commence par une mesure de bon sens : éviter tout ce qui facilite le recours à cette pratique d’un autre âge » déclare Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous.

Quant aux parents d’intention auxquels la cour de cassation veut reconnaître le statut de parent adoptif, La Manif Pour Tous rappelle que Manuel Valls soulignait en octobre 2014 qu’ « il est incohérent de désigner comme parents des personnes ayant eu recours à une technique clairement prohibée… tout en affirmant qu’ils sont responsables de l’éducation des enfants, c’est-à-dire chargés de la transmission de nos droits et de nos devoirs. »

Ces arrêts montrent qu’il donc est plus qu’urgent de passer de la parole aux actes et de lancer enfin une grande initiative internationale pour mettre un terme à ce business sordide des usines à bébés.