Une cinquantaine de débats-citoyens ont porté sur la procréation.

Il est intéressant de rappeler que le Ministère des solidarités et de la santé avait annoncé que « chaque région [choisirait] un ou deux thèmes, dans le respect d’un équilibre »5. Et le CCNE avait en effet indiqué que chaque région traiterait 2 à 3 thèmes, et que chaque thème serait traité par 3 régions environ.

Finalement, les espaces éthiques régionaux ont tous organisé des débats sur le thème
« procréation et société », sans doute en lien avec une forte demande en ce sens et peut- être l’intérêt des responsables eux-mêmes sur ces enjeux.

En dépit de quelques difficultés pour identifier les dates, lieux et modalités d’inscription, ces débats ont fait salle comble partout.

L’écoute a été attentive et les prises de parole – quand c’était possible – nombreuses.

Les témoignages, ceux des participants comme ceux des médias (Médiapart, Le Monde, Le Figaro, La Croix, etc), ont tous attesté d’une forte proportion de personnes exprimant leurs fortes réserves et leur opposition sur les projets qui concernent la procréation, c’est-à-dire surtout la PMA sans père et la GPA.

De nombreux arguments ont été développés : anthropologiques, philosophiques, juridiques, écologiques, etc.

Les participants ont souvent précisés qu’ils s’exprimaient comme médecins, juristes, professionnels de l’enfance, enseignants, père ou mère de famille, etc. La présence de nombreux étudiants a également été remarquée.

Parmi ceux qui se sont exprimés, des personnes ont raconté parfois leur parcours personnel, qui les conduisait à exprimer fermement leur opposition à l’idée de priver volontairement des enfants de père et/ou à la pratique des mères porteuses : orphelins de père, personnes nées d’une IAD, personnes adoptées, personnes ayant adopté, personnes n’ayant jamais connu leur père pour diverses raisons ou personnes non reconnues par leur père, etc. Des témoignages puissants.

Quelques personnes se sont exprimées aussi en faveur de la liberté pour chacun de faire ce qu’il veut, y compris pour avoir un enfant. Certains témoignent de leur parcours pour avoir un enfant en allant en Belgique, en Espagne ou ailleurs. En revanche, aucun témoignage sur la GPA n’a été entendu. Les personnes s’exprimant en faveur de la PMA sans père et de la GPA sont restées cependant minoritaires, voire complètement absentes de certaines réunions.

D’une manière générale, les débats se sont passés de manière apaisée et calme6, même si la tension a pu être parfois palpable. Des applaudissements ont d’ailleurs aussi ponctué certaines réunions.

En Ile-de-France, deux soirées dites de « contre-expertise », au cours desquels de simples citoyens pouvaient intervenir à la tribune pendant une dizaine de minutes, ont été très appréciées de tous.

 

 

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