La première question soulevée dans le débat sur la GPA est la suivante : ne s’agit-il pas d’abord de s’interroger sur la possibilité pour un enfant d’avoir, ou non, un père et une mère, et non de celle de savoir si un adulte doit avoir, ou non, un enfant.

De cette première interrogation découle une seconde : où est l’inégalité en termes de procréation ? Sexuée et égale devant cette réalité, l’humanité, pour se reproduire, doit conjointement recourir à un homme et une femme, et non un homme ou une femme seuls, ni deux hommes ou deux femmes ensemble. Avec la PMA sans Père et la GPA, ce n’est plus une revendication d’égalité qui est demandée mais des privilèges, engendrant l’effacement du père ou de la mère pour l’enfant, et modifiant artificiellement la filiation de ce dernier. Conséquences de ces pratiques : une véritable et durable angoisse d’abandon chez l’enfant, doublée d’un vol de son identité et de sa généalogie.

Outre des conséquences irrémédiables sur l’enfant, la GPA constitue pour nombre de participants aux états généraux de la bioéthique une forme de colonisation économique par les populations riches sur les plus pauvres et une déclinaison de l’esclavage, aboli dans les textes mais non dans certaines pratiques contemporaines.

L’usage abusif des terminologies « éthique » ou « altruiste » masquent la marchandisation de certaines vie et le business généré par le trafic pour tous les intermédiaires, à l’exception de la mère porteuse, exploitée de bout en bout, mais par générosité !

Et l’amour dans tout ça ? Les question ne manquent pas pour demander où est l’amour quand, dès avant sa conception, l’enfant devient un droit amputé de sa généalogie complète, au mépris de tous les enseignements de la psychanalyse du siècle dernier.

Pour les partisans de la GPA, être mère porteuse est un choix, valorisant pour les femmes qui décident de louer ou prêter leur corps, dans l’unique but de permettre la naissance de nouvelles familles. « Don d’amour », le recours à une mère porteuse rebat les cartes du lien filial, dissociant les rôles du père et de la mère, du « géniteur » et de la « génitrice », les modèles de familles ayant évolué. Pour les promoteurs de la GPA, la famille père-mère-enfant appartient au passé. Et de renvoyer devant les tribunaux les opposants à de telles pratiques, responsables de diffuser, à tord et sans preuve, les concepts imaginaires de crime contre l’humanité ou d’esclavage.

Utilisé à temps et à contre-temps, l’argument de discrimination est brandi à cor et à cri par les promoteurs du droit à l’enfant, avec un bémol cependant : une légalisation « éthique » de la pratique, pour éviter tout trafic.

 

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