La PMA sans père : se fera ou ne se fera pas ?

Les informations contradictoires volent en escadrilles depuis plusieurs semaines sur la présentation ou non de la PMA sans père dans la prochaine proposition de loi de révision de la loi de bioéthique. Qui croire ? Mais surtout, “la société est-elle prête ?” comme le prétendent à cor et à cris les promoteurs de la fabrication d’enfants sans père, alors même que les Etats généraux de la bioéthique 2018 ont conclu à une très large opposition à toute modification de la loi actuelle.


Marlène Schiappa, Benjamin Griveaux ou Agnès Buzyn ?

Pour la Secrétaire chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, la réponse est claire : « la PMA pour toutes doit être autorisée le plus tôt possible ». Benjamin Griveaux, le secrétaire d’état auprès du premier ministre, a pour sa part affirmé sur France TV info que « ce sera fait en 2019 », ajoutant que  « le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres en début d’année ». La ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, va plus loin et annonce un remboursement de la PMA pour toutes les femmes au même titre que les remboursements faits pour des pathologies.

Le chaud et le froid

Reçues en grande pompe le 29 novembre à l’Elysée, pendant deux heures et demie (en pleine crise des Gilets jaunes, que le Président, au contraire, refuse de recevoir…), les associations LGBT sont reparties contrariées. Selon Alice Coffin (journaliste militante LGBT revendiquée), Emmanuel Macron a sous-entendu que les propos de Benjamin Griveaux et de Marlène Schiappa « ne sont pas à prendre en compte »… Alors qui croire ?

L’avis des Français

S’il a indiqué être personnellement favorable à la PMA sans père, Emmanuel Macron n’a pas commis l’imprudence d’inscrire ce projet dans son programme, contrairement à ce qu’on entend souvent. Il avait en outre posé notamment pour condition l’existence d’un “large consensus”, tout en appelant régulièrement à un débat apaisé. Ce dernier a eu lieu pendant le 1er semestre 2018 : ce sont les Etats généraux de la bioéthique, consultation des Français qui constitue l’une des étapes prévue par la loi dans le processus de révision de la loi de bioéthique. Ces Etats généraux 2018 ont été d’une ampleur sans précédent : des dizaines et dizaines de réunions publiques ouvertes à tous, partout en France, sur le thème de la procréation, auxquelles s’ajoutent 1 256 propositions débattues, 27 519 arguments ainsi que des centaines de milliers de votes postés sur le site internet participatif des états généraux de la bioéthique par 17 559 Français. Quant aux auditions réalisées par le CCNE, elles ont été dans le même sens que tout le reste : si l’on prend en compte la représentativité des organismes auditionnés, on retrouve là aussi une opposition massive à l’extension de la PMA (cf le bilan complet de toutes les participations réalisé par La Manif Pour Tous).

Mais qui, des promoteurs de la PMA sans père et de la GPA, son corollaire, et des responsables politiques, a pris connaissance de l’avis des Français, favorable à plus de 80% au statu quo sur la loi qui concerne l’assistance médicale à la procréation ?

Quoiqu’il en soit, au vu des attentes des Français et de la situation générale du pays, il est évident que le gouvernement ferait bien mieux de ne surtout pas s’avancer sur ce terrain de la PMA sans père et de la GPA, lesquelles signent la priorité donnée aux intérêts individualistes des bobos et le mépris de l’intérêt général comme des droits des plus vulnérables, les enfants.