PMA : Le consensus n’y est pas

Ils étaient 60, 60 intellectuels français à avoir répondu à l’invitation du Président Emmanuel Macron, pour débattre de leurs idées sur différents sujets, à l’Elysée lundi 18 mars à l’occasion d’un grand dîner. Animé par le journaliste de France Culture, Guillaume Erner, ce Grand Débat tourne rapidement court pour laisser la place à une longue file d’exposés sur lesquels le Président rebondissait.

C’est ainsi que la sociologie militante Irène Théry, assise à la droite d’Emmanuel Macron et à la gauche du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, s’est lancée dans un monologue de 4 minutes sur son sujet de bataille : l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules et l’ouverture de la GPA.

Elle explique : « Pour moi, ce qui est en train de se passer sur le mariage, sur la filiation, sur les transformations de la parenté, participe d’une nouvelle donne sur les sexes et les sexualités. (…) C’est quoi la valeur fondamentale ? Pas seulement l’égalité. C’est quoi la valeur fondamentale du lien de couple, de la filiation, comment on se repère en matière de civilité sexuelle. (…) Nous devons avoir un discours positif et ne plus penser que c’est une façon de revenir à une sorte de modèle unique. (…) Commençons par défendre fièrement la rénovation des lois de bioéthique ; (…) nous devons changer par rapport à notre système de mensonge par exemple. Nous devons défendre que les familles issues de don sont des familles dignes, qu’elles ont une place au soleil. »

 

Comme tout au long du Grand Débat, le Président Emmanuel Macron a répondu à chaque intervenant ; Irène Théry n’a pas fait exception à la règle :

On ne pourra pas dire qu’il n’y a pas eu de débat dans la société sur ce sujet [les lois de bioéthique]. Je constate que certains de ces débats ne se sont pas apaisés.

Alors qu’Emmanuel Macron a toujours appelé à un débat apaisé et à un large consensus avant tout projet de loi d’une éventuelle extension de la PMA aux femmes seules ou aux couples de femmes, il avait insisté, le 15 octobre 2017, sur le fait que « sur ces sujets, le politique ne doit pas imposer un choix. »

Il précisait en mars 2017 au journal La Croix, encore candidat :

Ma conviction personnelle est qu’il faut étendre la PMA, au nom de l’égalité hommes femmes et du droit à l’accès à une prestation médicale. Mais je respecterai l’avis attendu du Comité consultatif national d’éthique et regarderai aussi l’état de la société et des débats qui s’y jouent pour agir de manière apaisée.

Absente du programme présidentiel d’Emmanuel Macron, distribué à tous les Français par voie postale avant l’élection présidentielle, la PMA sans Père ne fait donc toujours pas consensus, ni avant, ni un an après les états généraux de la bioéthique. Passer en force pourrait soulever un nombre massif de Français. A bon entendeur…