Les Français redisent leur attachement à la famille Père-Mère-Enfant

Un sondage IFOP pour La Manif Pour Tous de février 2019 confirme que les Français sont fortement attachés au droit de l’enfant à avoir un père et une mère en cas de PMA. Un constat sans appel qui souligne le hiatus entre un Gouvernement favorable à une éventuelle extension de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, sous l’impulsion de minorités, et ce que pensent les Français dans leur grande majorité.

 

Un consensus des Français sur l’importance du père et de la mère

Un amendement récent voté en première lecture à l’Assemblée nationale a supprimé les termes de « père » et de « mère » des formulaires scolaires, leur préférant ceux de « parent 1 » et « parent 2 ». L’occasion pour La Manif pour tous de lancer un sondage sur « la parentalité » en février 2019 dans lequel les Français s’avèrent majoritairement défavorables à cette numérotation (66 %). Ils réaffirment dans le même sondage les fonctions différentes du père et de la mère : 77 % des répondants posent que père et mère ont un rôle complémentaire en matière d’éducation. Et ils sont 82 % à penser que l’enfant né par PMA a le droit d’avoir un père et une mère. Ce sondage s’inscrit dans de ce que les Français ont exprimé lors de la consultation des États généraux de la bioéthique (janvier à avril 2018), où ils ont massivement demandé q e la loi ne change pas en matière de PMA. Par exemple, la seule assertion « Ouvrir l’accès à l’AMP* aux couples de femmes et aux femmes seules » avait recueilli 90,61 % d’arguments « contre ». En février 2019, les Français soutiennent à nouveau le droit de l’enfant (à avoir un père et une mère) ; tandis que certains poussent en faveur du droit des « parents 1/2 » (à avoir un enfant).

 

 

Un consensus sociétal et au-delà des partis

Consensus des Français il y a donc. Et un consensus croissant des Français dans leurs disparités et dans la durée. En effet, ils étaient 64% en janvier 2018 à considérer que l’Etat doive garantir un père et une mère aux enfants nés de PMA. Ce chiffre passe à 82% en septembre 2018 et ils sont à nouveau 82 % de répondants, en février 2019, qui posent que l’enfant né par PMA a le droit d’avoir un père, jeunes (moins de 35 ans) et moins jeunes sont proportionnellement répartis.

De plus, 77 % des répondants estiment que le père et la mère ont un rôle différent et complémentaire en matière d’éducation. À noter aussi que les couleurs politiques des répondants n’ont pas d’influence notable sur les avis donnés. Ainsi, les électeurs et sympathisants LREM sont dans la même moyenne que les Français en général. Rappelons d’ailleurs qu’Emmanuel Macron n’avait pas intégré la question de l’extension de la PMA à son programme et que ses sympathisants ne se sont pas fédérés autour de cette question. Si le Gouvernement poursuit sa démarche, il irait ainsi à l’encontre de son propre électorat…

Emmanuel Macron s’est plusieurs fois exprimé en disant que l’ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes serait subordonnée au « consensus » des Français. Ce consensus n’existe pas, et ce nouveau sondage en apporte une fois de plus la preuve. La fracture entre le Gouvernement et le peuple est déjà nette avec le mouvement des Gilets jaunes. Si à ce mouvement social s’ajoutait un mouvement sociétal, dont les préoccupations furent écartées du Grand débat, la fracture serait ouverte ; combien de personnes descendront bientôt dans la rue ? **

 


À retenir

Le consensus des Français sur la nécessité pour un enfant d’avoir un père et une mère en cas d’extension de la PMA est reformulé par un récent sondage Ifop pour la Manif pour tous de février 2019.

Le « consensus » évoqué par Emmanuel Macron comme préalable à l’extension de la PMA n’existe pas. Ce projet de loi ne peut donc être engagé sans provoquer une vague de contestations qui aggraverait encore les divisions en France.

 


 

* : AMP, Assistance Médicale à la Procréation.

** : Les Manifs pour tous ont réuni « un million de personnes dans la rue », d’après François Hollande (Conversations privées avec le président, Karim Rissouli et Antonin André, Albin Michel, 2016). De plus, 61 % des Français pensent que si le gouvernement légalise la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules, cela « risque de susciter des manifestations d’opposition très importantes parce qu’on toucherait aux droits de l’enfant » (sondage Ifop pour la Manif pour tous de septembre 2018).