La Croix « Des Assises pour l’abolition universelle de la GPA »

Le 2 février, associations et chercheurs se mobilisent à l’Assemblée pour dénoncer les violations des droits humains qu’entraîne la gestation pour autrui (GPA) et tracer des pistes pour une interdiction au niveau mondial.

 Article de Marine Lamoureux, le 02/02/2016 à 9h07

Résister au « baby business ». Ce mardi 2 février, des « Assises pour l’abolition universelle de la maternité de substitution » – ou gestation pour autrui (GPA) – se tiendront à l’Assemblée nationale. Elles sont organisées par des associations de gauche sous l’impulsion de Laurence Dumont, députée PS du Calvados et première vice-présidente de l’Assemblée.

Plusieurs personnalités y sont attendues, notamment le syndicaliste José Bové, les anciens ministres Benoît Hamon et Élisabeth Guigou ou encore la philosophe Sylviane Agacinski, investie de longue date sur ces questions (1).

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Plusieurs initiatives inquiétantes

« Il faut que la gauche se réapproprie ces sujets, nous devons mobiliser dans ce sens », explique Marie Jauffret, la présidente du CoRP, le collectif pour le respect de la personne, alors que plusieurs initiatives, aux niveaux européen et international, ont récemment suscité l’inquiétude.

Tout d’abord, la récente nomination de la sénatrice belge Petra de Sutter comme rapporteur du groupe de travail sur « les droits humains et questions éthiques liées à la GPA » à l’Assemblée parlementaire du conseil de l’Europe.

Le CoRP dénonce un grave conflit d’intérêts, cette gynécologue étant notamment associée à l’une des cliniques indiennes proposant les services de mères porteuses contre rémunération, « dans ce qui se fait de pire en matière d’exploitation des femmes pauvres par les pays riches », souligne Marie Jauffret.

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Ensuite, les travaux de la conférence de la Haye, organisation intergouvernementale chargée de la coopération juridique, concernant le statut des enfants nés par GPA.

Un contournement de la loi

Le principal risque, pour ces associations, est de voir encouragée la pratique des mères porteuses, soit à travers la revendication d’une GPA « éthique », soit via la régularisation systématique du statut des enfants.

De fait, des couples commanditaires contournent l’interdiction de la gestation pour autrui dans leur pays en recourant à une mère porteuse à l’étranger, puis réclament la régularisation de leur situation au nom de l’intérêt de l’enfant. « Cela a pour effet de fragiliser les lois nationales », ce que les lobbys pro-GPA savent bien, déplore Marie Jauffret.

Des scandales à répétition

D’où l’importance d’allumer des « contre-feux », explique la responsable et de poursuivre un travail de sensibilisation sur les conséquences de la GPA, alors que les scandales défraient régulièrement la chronique – des parents d’intention ne voulant plus des enfants « commandés », des bébés retirés à des mères porteuses se rétractant, etc.

Ainsi, les Assises du 2 février dresseront un état des lieux, puis étudieront les possibilités d’action pour une abolition universelle.

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(1) Le corps en miettes, Flammarion, 2009, 128 p., 12 €