Le Figaro : Bilan démographique : nouvelle crise des berceaux en 2016

INFOGRAPHIES – 785.000 nourrissons ont vu le jour en 2016 en France, soit 14.000 de moins qu’en 2015. L’indice de fécondité français est en baisse pour la deuxième année de suite mais reste le plus élevé d’Europe.

Insignifiante fluctuation de la courbe de natalité ou fin d’une exception française? La France voit ses naissances baisser et son indice de fécondité chuter en 2016 pour la seconde année consécutive, selon le bilan démographique annuel dévoilé mardi par l’Insee.

En 2016, l’indice de fécondité s’élève à 1,93 enfant par femme contre 1,96 en 2015. La France, après une parenthèse enchantée de natalité, s’installe sous la barre symbolique de deux enfants par femme. Il faut remonter plus de dix ans en arrière, à l’année 2004, pour retrouver un indice de fécondité de ce niveau. Cette baisse ne lui coûte cependant pas son titre de championne d’Europe des bébés.

785.000 nourrissons ont vu le jour en 2016. Soit 14.000 nouveau-nés de moins qu’en 2015. L’année précédente, 20.000 naissances de moins avaient déjà été enregistrées. «La fécondité reste malgré tout très élevée en France», relativise l’Insee. En 2015, la France est avec l’Irlande le pays européen où la fécondité est la plus élevée (1,96 enfant par femme en France, 1,94 en Irlande), loin devant le Portugal qui est le pays le moins fécond avec 1,3 enfant par femme.

Chute de la fécondité chez les femmes de 25 à 29 ans

L’Insee explique cette baisse récente par une chute de la fécondité chez les femmes de 25 à 29 ans depuis 2014. Les femmes de plus de trente ans, elles, continuent à faire autant d’enfants que ces dernières années. Autre explication: les nombreuses baby-boomeuses n’ont plus l’âge de pouponner et le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants s’amenuise depuis le milieu des années 90.

Faut-il relier cette panne des berceaux à la crise et aux mauvais chiffres du chômage? Peut-on y voir une conséquence des coupes claires de François Hollande dans la politique familiale? À l’Insee, on juge prématuré et incertain d’établir ces liens de cause à effet. Certains démographes estiment cependant qu’une perte de confiance des Français dans la politique familiale a été susceptible de faire baisser la natalité. Plus d’un Français sur deux (55%) estime que «la politique familiale de ces dernières années est de nature à conduire les couples à renoncer à une nouvelle naissance ou à la différer», selon un sondage réalisé par l’Ifop pour la Manif pour tous, publié mardi dans La Croix . Un pourcentage qui grimpe à 61 % chez les sondés de moins de 35 ans, les plus concernés par la question. De plus, 70 % des Français disent douter de la stabilité de la politique familiale, estimant que «le seuil de revenu à partir duquel les allocations familiales sont réduites risque d’être abaissé année après année».

La bonne nouvelle de ce bilan démographique, c’est la diminution du nombre de décès en 2016, avec 587.000 morts, après le triste bilan de 2015. Cette année-là avait été marquée par quelque 600.000 morts, un record depuis l’après-guerre. Cette surmortalité s’expliquait notamment par une épidémie de grippe meurtrière.

L’espérance de vie repart à la hausse

Ce mauvais chiffre avait entraîné une baisse de l’espérance de vie moyenne des Français d’un trimestre. Des dégâts effacés en 2016 où l’espérance de vie repart à la hausse. Elle progresse de quatre mois pour les femmes pour s’établir à 85,4 ans. Elle grimpe de trois mois chez les hommes et leur permet d’espérer atteindre 79,3 ans en moyenne.

Au 1er janvier 2017, la France comptait ainsi 66.991.000 habitants. La population a augmenté de 265.000 personnes par rapport à l’an passé, soit une hausse de 0,4 %. «Comme par le passé, cette progression est essentiellement due au solde naturel (+ 198.000), qui résulte de la différence entre les naissances et les décès», souligne l’Insee.

Enfin, les mariages restent stables pour les couples hétérosexuels avec 235.000 célébrations en 2016. Leur nombre baisse légèrement pour les couples homosexuels qui ont été 7000 à s’unir devant le maire.

 

Source : 
Par Agnès Leclair
Publié le 17/01/2017 à 12h29
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