Le Figaro : Les adolescents confrontés à la pornographie de plus en plus jeunes

INFOGRAPHIE – Un tiers des 13-14 ans ont déjà vu un film X. Un enfant sur sept a vu son premier film X à 11-12 ans.

Le «X» est à portée de clic des enfants. «La première fois que j’ai vu des images pornos, j’avais 11 ans, se souvient Pierre*, un collégien de 14 ans. Des copains m’en avaient parlé et j’ai cherché par moi-même sur l’ordinateur. De toute façon, quand on va sur des sites de téléchargement de films, il y a toujours des pages qui s’affichent automatiquement pour proposer des films X.» Dans son établissement privé et réputé de la région parisienne, des mots comme «sodomie» ou «bukkake» (douche de sperme) font désormais partie du vocabulaire de la cour de récré. «Maintenant, on voit même des garçons de 9 ans en parler…», confie Pierre.

Du porno à l’âge des Pokémon et des Lego? En quelques années, l’accès des plus jeunes aux vidéos réservées aux adultes sur Internet est devenu un phénomène de masse. Un enfant sur sept a vu son premier film X à 11-12 ans, voire plus jeune, selon un sondage que dévoile Le Figaro. Un mineur sur trois a fait cette expérience à l’âge de 13 ou 14 ans, indique également cette enquête réalisée pour l’Observatoire de la parentalité & de l’éducation numérique (Open) par l’Ifop et qui a été réalisée directement auprès des adolescents, et non de leurs parents.

Cette exposition précoce, normalement interdite et punie de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende par le Code pénal, a déjà entraîné des dérives. En 2015, dans le très chic collège Montaigne, à deux pas du jardin du Luxembourg, à Paris, cinq garçons de 10 et 11 ans étaient passés en conseil de discipline pour des attouchements et propos obscènes sur des filles de leur classe. Des comportements liés au visionnage de films X sur portable, dans l’enceinte même de l’établissement, avaient dénoncé des parents d’élèves. «Il ne s’agit pas d’une situation isolée, alerte Valéry Marty, présidente de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (Peep). Beaucoup de parents sont dépassés par cette facilité d’accès au porno, dès l’âge de 11 ans pour certains écoliers. Au collège, si un adolescent n’y a pas accès sur son téléphone, ce sera sur celui d’un camarade. En parallèle, les relations entre les garçons et les filles se dégradent. Ces dernières se font parfois traiter de “putes” dès le CM1-CM2.»

Les dégâts s’avèrent particulièrement importants pour les enfants les plus jeunes, projetés de manière accidentelle et violente dans un monde à mille lieues de leur imaginaire. Cela fait environ deux ans que la psychologue clinicienne Marion Haza a commencé à recevoir des demandes de consultations pour des troubles liés à du visionnage involontaire de films X chez des enfants. «Les plus jeunes ont six ans et sont en CP. Ces enfants peuvent être très culpabilisés d’avoir vu ces images. Certains n’osent pas en parler à leurs parents par crainte d’être puni et ils gardent ce poids pour eux, rapporte-t-elle. Des symptômes peuvent alors apparaître, comme des cauchemars, des accès de tristesse, un refus d’aller à l’école ou de voir leurs amis…»

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Source :
Par Agnès Leclair et Service Infographie – | Publié le 19/03/2017 à 19h21
http://premium.lefigaro.fr/actualite-france/2017/03/19/01016-20170319ARTFIG00162-les-adolescents-confrontes-a-la-pornographie-de-plus-en-plus-jeunes.php