EN ROSE ET BLEU (N°6) – CHRONIQUE DE LUDOVINE « L’ONU tombe dans le communautarisme et oublie les femmes et les enfants ! »

En vue du Sommet humanitaire mondial qui aura lieu en mai 2016 à Istanbul, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, a présenté un « Agenda pour l’humanité » appelant les Etats à s’unir et à coopérer pour prévenir et mettre fin aux crises et réduire les souffrances et la vulnérabilité des peuples. Son Agenda est basé sur cinq principes dont l’un affirme que « les Etats doivent affirmer leur responsabilité de respecter les normes qui protègent l’humanité, en se conformant aux règles qu’ils ont approuvées en matière de droit humanitaire international et de droits de l’homme », ce qui implique selon lui d’inclure « les droits des LGBT au plan de développement des Nations Unies ». Cela permettrait, estime-t-il, d’« atteindre les objectifs humanitaires compris dans le nouveau programme de développement durable ».

Trois remarques à la lecture de cet « Agenda pour l’humanité » :

  1. La première concerne les « droits des LGBT ». Cela revient à faire des sujets d’un droit particulier. Cela revient à assigner les personnes LGBT à leur sexualité, qui relève de leur intimité, et non plus à leur condition d’homme ou de femme. C’est à terme l’ouverture de la boite de Pandore de la transparence sur la sexualité de chaque individu. C’est une dérive d’abord juridique puis politique qui aboutit au morcellement de la société avec les hétérosexuels, les homosexuelles, les transgenres, les intersexes, etc. Qui plus est un morcellement fondé sur la subjectivité individuelle, intrinsèquement aléatoire et insaisissable, à l’opposé de ce qui permet la vie commune de tous les membres de la société.
    Pourtant le Haut-commissariat aux droits de l’Homme a écrit dans son rapport publié en 2012 « Nés libres et égaux, Orientation sexuelle et identité de genre en droit international des droits de l’homme » : « la protection des LGBT contre la violence et la discrimination ne nécessite pas la création d’un ensemble nouveau de droits propres aux LGBT, ni la mise en place de nouvelles normes internationales des droits de l’homme. Malgré toute l’intensité et la complexité du débat politique sur les droits des LGBT aux Nations Unies, du point de vue juridique, la question est simple. L’obligation des États de protéger les LGBT contre les violations de leurs droits fondamentaux est déjà bien établie et a force exécutoire pour tous les États Membres des Nations Unies. »
  1. La deuxième est l’absence de prise de position, et même d’évocation du droit des femmes et des enfants, qui sont les premières victimes des violences dans le monde. Nous remarquons en particulier que Ban Ki Moon et l’ONU d’une manière générale n’ont jamais parlé de la gestation par autrui, conséquence immédiate de la reconnaissance du mariage entre deux hommes qu’ils défendent comme un droit. Le rapport mondial sur la traite des personnes publié en 2014 par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime n’en parle pas.
    Une fois de plus les plus faibles – les femmes et les enfants – sont passés par pertes et profits au bénéfice des plus riches, dans une attitude, pour reprendre la philosophie de l’ONU, « colonialiste » des riches du Nord envers les pauvres du Sud.
  1. Enfin, la troisième remarque est un parallèle frappant entre la démarche de l’ONU et ce qui s’est passé au Parlement européen avec le vote du « rapport Lunacek » en février 2014.
    Observons : le « rapport Lunacek », initiative de la députée autrichienne écologiste Ulrike Lunacek, proposait une « feuille de route » à la Commission européenne contre l’homophobie et les discriminations liées à l’orientation sexuelle. Il fut adopté par les parlementaires européens. Ce « rapport d’initiative », qui n’a pas de valeur contraignante, élaboré par l’ILGA (LGBT Europe financée à hauteur de 1,408 million d’euros en 2012 par l’Union européenne) « détourne [comme nous l’avions écrit à l’époque dans une pétition] une politique de non-discrimination pour créer des privilèges au profit de certains citoyens sur la base de leur sexualité. […] Le rapport Lunacek ne laissera aucun autre choix aux institutions de l’UE et aux Etats membres que d’incorporer l’agenda LGBTI à la conception de politiques publiques ». Et notamment cette demande que lorsque des familles voyagent au sein de l’Union européenne, leur existence juridique soit reconnue d’un Etat à un autre, ceci allant à l’encontre du principe de subsidiarité. Avec bien-sûr pour finalité d’introduire par ce biais le mariage de deux hommes et de deux femmes en piétinant, donc, les droits nationaux.

Comme nous le voyons le lobby LGBT pousse ses pions au sein des grandes organisations internationales. Et les mêmes causes provoquant les mêmes effets, le combat contre la gestation par autrui, cet esclavage, est plus que jamais une ardente obligation.