Chronique – 22 études bidons révèlent la corruption de certaines études de genre

Helen Pluckrose, James A. Lindsay et Peter Boghossian sont trois penseurs originaires des Etats-Unis d’Amérique. Ils viennent de révéler un extraordinaire canular au sujet des études du genre*. Ils ont adressé à des revues académiques importantes et influentes, vingt-deux articles « extravagants », « falsification de la connaissance », puisque inventés par les chercheurs eux-mêmes. Sept ont été acceptés pour publication, tandis que sept étaient en cours d’examen quand la supercherie a été révélée, le reste ayant été refusé.

Les sujets ? Étoiles, planètes et genre : un cadre pour une astronomie féministe ; Entrer par la porte arrière : remettre en question l’homohystérie et la transphobie masculines à travers l’utilisation de jouets sexuels ; Réactions humaines à la culture du viol et à la performativité dans les parcs à chiens urbains à Portland, Oregon ; S’attaquer à la masculinité hégémonique : les rôles de la masculinité et de l’hétéronormativité dans le Jiu Jitsu brésilien ; etc.

Pourquoi les trois chercheurs ont-ils fait cela ? Pour dénoncer la bêtise, la confusion, le manque d’éthique des études académiques.

Ils écrivent dans le magazine Areo que « Le savoir basé de moins en moins sur le fait de trouver la vérité et de plus en plus sur le fait de s’occuper de certaines ‘complaintes’ est devenu établi, presque totalement dominant, au sein de [certains champs des sciences sociales] et les chercheurs brutalisent de plus en plus les étudiants, les administrateurs et les autres départements qui n’adhèrent pas à leur vision du monde ». Les disciplines les plus touchées sont les « cultural studies » ou « identity studies » dont les « gender studies », les « queer studies », la « critical race theory ». Ils les appellent désormais les « grievance studies » que l’on peut traduire par les « études plaintives », « corrompues » par l’idéologie, et dont l’objectif est de dénoncer les oppressions comme le sexisme, le racisme, le fait post-colonial, l’homophobie, la transphobie, etc. Ils constatent que « Les constructivistes radicaux ont tendance à croire que la science et la raison doivent être anéanties pour permettre à « d’autres manières de connaître » d’être validées de la même manière que les entreprises produisant des connaissances. Celles-ci, selon la branche de la « théorie » invoquée, seraient la propriété de femmes et de minorités raciales, culturelles, religieuses et sexuelles. De plus, ils sont considérés inaccessibles aux castes plus privilégiées, comme les hommes hétérosexuels blancs. ».

Ils écrivent ainsi qu’« Il en résulte un relativisme épistémologique et moral qui, pour des raisons politiques, favorise des formes de connaissance antithétiques à la science et à l’éthique, antithétiques au libéralisme universel. Le constructivisme radical est donc une idée dangereuse qui fait autorité. Il avance l’idée selon laquelle nous devons, pour des raisons morales, rejeter en grande partie la conviction que l’accès à la vérité objective existe (objectivité scientifique) et peut être découvert, en principe, par toute entité capable de faire le travail, ou plus spécifiquement par les humains race, sexe ou sexualité (universalité scientifique) via des tests empiriques (empirisme scientifique) ».

Les trois chercheurs ont été abasourdis par la réception de leurs études, mais ils ne pensent pas que, malgré leur canular, « le monde universitaire est corrompu ». Ils recommandent « un examen approfondi de ces domaines d’études (études comparatives entre les sexes, théorie critique de la race, théorie postcoloniale et autres domaines fondés sur la «théorie» en sciences humaines et allant jusqu’aux sciences sociales, notamment: sociologie et anthropologie), afin de séparer les disciplines et les érudits producteurs de connaissances de ceux générant des sophismes constructivistes ».

Ils espèrent que leur expérience « donnera aux gens – spécialement à ceux qui croient au libéralisme, au progrès, à la modernité et à la justice sociale – une raison claire de regarder la folie identitaire qui vient de la gauche universitaire et militante, et de dire : ‘Non, je n’irai pas dans ce sens là. Vous ne parlez pas en mon nom’ ».

Il s’agit là d’un événement majeur parce qu’il confirme – par l’absurde – un phénomène que nous dénonçons depuis 2012, à savoir le caractère idéologue et militant d’une partie importante des auteurs des études de genre, et de leurs soutiens, notamment politiques.

Comme les auteurs de ce canular, nous appelons à « une production de connaissances rigoureuse et non partisane ».

Parce qu’on ne joue pas avec l’identité, la filiation, le destin des enfants en particulier, ces trois penseurs ont fait œuvre de salut public. Sachons les entendre. Il appartient maintenant au milieu intellectuel français, et à celui de l’université en particulier, de faire leur examen critique sur la façon dont ils traitent ces questions.

Lire toutes les chroniques…