NANTES – France 3 Pays de Loire : « Nantes : rassemblement de La Manif pour tous contre la GPA »

Environ 150 militants de La Manif pour tous se sont rassemblés mardi devant le palais de justice de Nantes, dans le cadre d’une journée nationale de mobilisation contre la gestation pour autrui (GPA).

« A bas l’exploitation », « GPA, une seule solution: l’abolition », ont scandé les manifestants, qui dénonçaient, à l’occasion de la journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage, la pratique des mères porteuses, « une nouvelle forme d’esclavage », selon la présidente de La Manif pour tous, Ludovine de la Rochère.

« Cela a un sens très fort de venir ici », a-t-elle déclaré à l’AFP. A Nantes, ancien premier port négrier français, « il y a le mémorial de l’abolition de l’esclavage. Nous nous battons pour l’abandon total de l’esclavage », a-t-elle ajouté, sous les huées d’une trentaine d’étudiants qui, aux cris de « Mon corps m’appartient », ont déroulé un ruban sur lequel était inscrit « Scène d’homophobie ».

« Si la GPA est interdite en France, plus de 2.000 enfants vivant en France sont nés par gestation pour autrui à l’étranger », a affirmé la présidente de La Manif pour tous, demandant le « retrait de la circulaire Taubira et l’arrêt de la retranscription des actes de naissance » d’enfants nés par GPA à l’étranger.

« Depuis quelques mois, des demandes de retranscription sont validées les unes après les autres » par le tribunal de grande instance (TGI) de Nantes, a souligné Ludovine de la Rochère.

Le TGI de Nantes, compétent en matière d’état-civil pour toute la France, du fait de la présence dans cette ville du service national qui lui est dédié, avait donné une première fois raison le 13 mai 2015 à trois familles qui demandaient la transcription sur les registres d’état-civil des actes de naissance de trois enfants nés en Ukraine, en Inde et aux Etats-Unis.

Les familles avaient saisi le tribunal après le refus du parquet de Nantes d’exécuter deux arrêts rendus le 26 juin 2014 par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Celle-ci avait estimé que si la France a le droit d’interdire la GPA sur son territoire, elle ne peut pas porter atteinte à « l’identité » des enfants nés de mères porteuses à l’étranger en refusant de les reconnaître. Ces décisions étaient devenues définitives le 26 septembre 2014.

Ailleurs en France, environ 70 personnes se sont également rassemblées mardi à Rennes à l’appel de la Manif pour tous, et une dizaine à Paris près du Sénat, selon les autorités.