Lancement de la pétition contre le colloque sur le site CitizenGO

PÉTITION ICI

 

Monsieur le Président,

Un colloque sur la pratique des mères porteuses, ou gestation par autrui (GPA), coorganisé par les universités Panthéon-Sorbonne et Paris II Assas, l’EHESS, l’INED et le Muséum d’histoire naturelle de Paris est prévu les 17 et 18 novembre prochains à Paris.

Ce colloque se présente sous les beaux atours d’un événement universitaire, scientifique.

La GPA n’est pas un sujet anodin, loin s’en faut : cette pratique, en effet, correspond à la définition donnée de l’esclavage à l’article premier de la Convention relative à l’esclavage de 1926 : « état ou condition d’un individu sur lequel s’exercent les attributs du droit de propriété ou certains d’entre eux ».

Face à une telle pratique, nous ne pouvons que rappeler que la femme n’est pas à louer ou à emprunter, ni l’enfant à donner ou à vendre, que la femme n’est pas un moyen de production, ni l’enfant un produit. Incontestablement, « la GPA, c’est comme l’esclavage : on ne l’encadre pas, on l’interdit » suivant l’expression de Sylviane Agacinski.

Hélas, la communication officielle et publique de cet événement des 17 et 18 novembre est très loin de condamner cette pratique et d’envisager les moyens de la combattre.

Au contraire, il est annoncé que ce colloque « vise à montrer que la pratique est révélatrice des transformations de la société globale, avec ses nouveaux enjeux médicaux, socioculturels et juridiques. Il vise également à créer un nouveau réseau scientifique interdisciplinaire et international de façon à mieux comprendre ces enjeux, en envisageant notamment de mettre en place des études comparatives et des réflexions communes. »

Dirait-on de l’esclavage sexuel, comme il est dit ici de cet esclavage reproductif qu’est la GPA, qu’il est « révélateur des transformations de la société », c’est-à-dire, en clair, acceptable et inéluctable ? Peut-on faire des nuances et des différences entre des modalités qui ne changent rien au fond du sujet, au principe même de cette pratique inhumaine des mères porteuses ?

Il est malheureusement évident que l’objectif de ce colloque n’est pas celui d’une lutte sans merci contre toutes les formes de GPA, bien au contraire. Ce colloque n’est pas de nature scientifique : militant, il cherche à banaliser et normaliser la GPA.

La liste des intervenants prévus en dit long : Anne-Marie Leroyer, Irène Théry, Martine Gross, Françoise Shenfield, Jennifer Merchant, Laurent Toulemon, Israël Nisand… Comme l’attestent leurs déclarations et écrits de ces dernières années, tous sont favorables à la GPA dès lors qu’elle serait prétendument « éthique » : comme si la GPA pouvait l’être !

Ce colloque répond à l’attente exprimée notamment par Irène Théry : « Sur la GPA, la société n’est pas encore mûre, il faut lancer le débat »[1]. A une énorme nuance près : aucun débat n’aura lien au cours de ce colloque dont tous les intervenants sont pro-GPA.

La GPA étant un crime dont nous ne pouvons être complices en aucune manière, nous vous interpellons pour que votre soutien à ce scandaleux colloque soit annulé, l’organisme que vous dirigez n’ayant pas vocation à promouvoir une pratique illégale, mais au contraire à contribuer, comme toute institution et tout citoyen français, au respect de la dignité de la femme et de l’enfant.

Dans l’attente de votre décision, je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma haute considération.

 

 

Madame Ludovine de La Rochère
Présidente de La Manif Pour Tous

[1] http://yagg.com/2014/08/05/irene-thery-sur-la-gpa-la-societe-nest-pas-encore-mure-il-faut-lancer-le-debat/